Le nombre de femmes touchées par le cancer du poumon augmente en France, partiellement lié au tabagisme féminin, mais ce n’est pas la seule raison. La part de non-fumeurs parmi les personnes diagnostiquées est en hausse: dans le monde, environ 1 cas sur 4 est non-fumeur; en France, environ 2 sur 10, soit près de 10 000 nouveaux cas par an.
La pollution provoque des mutations génétiques
Une étude publiée le 2 juillet 2025 dans Nature confirme les liens entre pollution de l’air et cancers du poumon. Plus une région est polluée, plus on retrouve de mutations génétiques liées au cancer dans les tumeurs prélevées. C’est la première étude qui explique comment la pollution peut favoriser la maladie.
Les chercheurs, s’appuyant sur les données de l’étude Sherlock-Lung, ont analysé le génome de 871 personnes n’ayant jamais fumé mais ayant développé un cancer du poumon, originaires de 28 régions du monde. « Nos recherches montrent que la pollution de l’air est fortement associée aux mêmes types de mutations de l’ADN que celles que l’on associe généralement au tabagisme », explique Ludmil Alexandrov, docteur à l’Université de San Diego et à la tête du Mutographs of Cancer project.
Pour résumer les points clés, les chercheurs indiquent notamment :
- un lien fort entre pollution et mutations d’ADN associées au cancer du poumon;
- une analyse réalisée sur des patients non-fumeurs issus de 28 régions;
- une contribution majeure de la pollution de l’air dans les mécanismes génétiques du cancer.
Ces résultats ont été relayés par d’autres médias, dont le Guardian, qui détaillent la portée internationale de l’étude et ses implications pour la prévention.
Les particules fines et le rôle des télomères
Selon les régions, les types de mutations observés varient: un type prédominant en Amérique du Nord et en Europe, et deux autres en Asie de l’Est. Un autre facteur connu du cancer est le rétrécissement des télomères, ces extrémités chromosomiques qui protègent l’ADN et qui, lorsqu’ils se raccourcissent, accélèrent la division cellulaire et peuvent favoriser l’apparition de cancers. Les chercheurs ont constaté que la taille des télomères se réduisait plus rapidement chez les personnes vivant dans des zones fortement polluées.
Une mutation supplémentaire, distincte de celles observées dans les poumons exposés au tabac, a aussi été identifiée dans les tumeurs étudiées. Enfin, le tabagisme passif semble n’être en cause que dans une part faible des cancers chez les non-fumeurs.
- Mutations plus fréquentes en Amérique du Nord et en Europe; d’autres en Asie de l’Est.
- Rétrécissement accéléré des télomères chez les individus exposés à une pollution élevée.
- Mutation unique associée à la pollution, non retrouvée dans les poumons liés au tabac.
- Le tabagisme passif ne peut expliquer qu’une faible partie des cancers chez les non-fumeurs.