Les hémorroïdes constituent un problème fréquent qui provoque douleurs et gêne importante, surtout lorsque les symptômes s’aggravent. La question se pose alors : à quel moment la chirurgie s’impose-t-elle ? Selon la société allemande de chirurgie colorectale, la décision dépend principalement de la taille des hémorroïdes et de l’intensité des symptômes, la chirurgie étant généralement réservée aux formes avancées.
Quatre degrés et indications opératoires
Les praticiens classent les hémorroïdes en quatre degrés. En pratique, la chirurgie est le plus souvent envisagée pour les degrés III et IV.
Ces stades se caractérisent par un prolapsus des hémorroïdes en dehors de l’orifice anal lors de la défécation ou d’efforts, sans réintégration spontanée. Les symptômes deviennent alors plus sévères et récurrents, justifiant une prise en charge chirurgicale directe, sans forcément passer par toutes les mesures conservatrices.
Quand différer ou éviter l’intervention
Avant toute décision opératoire, il est indispensable d’évaluer l’état de santé global du patient. Certains facteurs de risque peuvent majorer les complications per- et postopératoires et conduire à reporter ou à contre-indiquer l’intervention.
- Maladies inflammatoires chroniques intestinales (par exemple maladie de Crohn, rectocolite hémorragique).
- Immunodépression congénitale ou acquise.
- Désordres métaboliques sévères.
- Risque hémorragique élevé, notamment chez les patients sous antiagrégants ou anticoagulants.
Par ailleurs, en cas de grossesse, la chirurgie est en général évitée, même si les symptômes sont importants : on privilégie d’abord des traitements conservateurs et on n’envisage l’opération qu’en cas d’échec de ces mesures.
Soins et suivi après l’opération
Le suivi médical post-opératoire est essentiel pour favoriser la cicatrisation et atténuer les symptômes. Durant les quatre premières semaines, il est courant d’observer un léger saignement, des écoulements locaux, une sensation de corps étranger et des douleurs.
Le contrôle de la douleur accélère la récupération. Des analgésiques comme les anti-inflammatoires non stéroïdiens (par exemple l’ibuprofène) peuvent être prescrits, ainsi que des préparations topiques contenant de la trinitrine glycerilée ou des inhibiteurs des canaux calciques locaux, qui réduisent efficacement la douleur.
Il est également recommandé de maintenir des selles molles pour limiter la douleur lors de la défécation : un traitement laxatif court peut être utile, de même qu’une augmentation des apports hydriques et de fibres alimentaires, comme le psyllium.
Une bonne prise en charge de la douleur et des soins locaux facilite le retour aux activités quotidiennes et réduit la durée de convalescence après une chirurgie des hémorroïdes.