Le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, a affirmé que « l’ennemi a été vaincu » dans un message écrit à l’occasion du Nowruz, saluant la « fermeté » du peuple iranien alors que les États‑Unis et Israël poursuivent des attaques contre l’Iran. Le message, lu à la télévision d’État vendredi, présente la nouvelle année comme celle d’une « économie de résistance sous unité nationale et sécurité nationale ».
Unité nationale et résistance
Dans son allocution, Khamenei a insisté sur l’unité entre les Iraniens « malgré toutes les différences de croyances, d’origines culturelles et politiques », et a estimé que cette cohésion avait conduit à la défaite de l’ennemi. Il a critiqué l’idée, selon lui entretenue par Washington et Tel‑Aviv, que quelques jours d’attaques suffiraient à renverser le régime.
« C’était une grossière erreur de calcul », a‑t‑il écrit, ajoutant que la stratégie visant à viser les plus hautes autorités et des responsables militaires influents devait semer la peur pour aboutir, selon ces acteurs, à la domination puis au morcellement de l’Iran. Au contraire, a‑t‑il poursuivi, ces événements ont creusé une fracture chez l’adversaire.
Le contexte politique et institutionnel
Depuis son accession à la tête de l’État, Khamenei n’a pas été vu en public. Selon le message diffusé, il a pris la direction du pays après l’assassinat de son père, l’ayatollah Ali Khamenei, survenu au début du conflit, le 28 février.
Des observateurs ont rappelé que la Constitution iranienne comporte des mécanismes prévus pour assurer la continuité du pouvoir en cas de choc majeur. Ces dispositions, qualifiées de « protocoles de survie » par certains analystes, viseraient à permettre au système de fonctionner même en période de crise extrême.
Accusations de « false flag » et tensions régionales
Khamenei a nié la responsabilité de l’Iran ou de ses forces alliées dans des attaques signalées contre la Turquie et Oman, qualifiant ces attaques d’opérations sous faux drapeau destinées à semer la discorde entre voisins. Il a averti que de telles manœuvres pouvaient se produire ailleurs.
Des autorités turques ont indiqué que des défenses aériennes avaient intercepté un missile balistique prétendument lancé depuis l’Iran, tandis que des incidents impliquant des drones ont fait des victimes dans la province de Sohar, à Oman. Ces faits alimentent les tensions et les accusations réciproques dans la région.
Appel à la paix entre voisins orientaux
Par ailleurs, le guide suprême a lancé un appel explicite à l’Afghanistan et au Pakistan pour mettre fin à leurs hostilités, se déclarant prêt à faciliter une amélioration des relations. « Nous considérons nos voisins de l’Est comme très proches », a‑t‑il écrit, invitant les deux pays à établir de meilleures relations et annonçant sa disposition à agir en ce sens.
Ces déclarations interviennent alors que Kaboul et Islamabad ont convenu d’une trêve temporaire pendant l’Aïd al‑Fitr, après des semaines de violences meurtrières. L’appel iranien vise ainsi à stabiliser un front est‑sud du voisinage régional jugé stratégique par Téhéran.
Points clés
- Khamenei déclare que l’ennemi est « vaincu » grâce à l’unité nationale et à la résistance.
- Il conteste la thèse d’un effondrement du régime après les attaques menées par les États‑Unis et Israël.
- Il dénonce des « false flag » pour les incidents en Turquie et Oman et appelle à la prudence régionale.
- Il propose son intervention pour rapprocher l’Afghanistan et le Pakistan et soutenir la paix régionale.