Donald Trump évoque un possible « apaisement » des opérations militaires en Iran, alors même que son administration renforce sa présence dans la région en déployant 2 500 marines supplémentaires et en demandant au Congrès des fonds supplémentaires pour financer la campagne. Dans le même temps, la Maison Blanche a annoncé la levée des sanctions sur du pétrole iranien déjà embarqué, une mesure présentée comme destinée à limiter la hausse des prix du carburant qui a fait grimper les cours du pétrole et plongé les marchés financiers américains.
Déclarations contradictoires à la Maison Blanche
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le président a affirmé que les États-Unis se rapprochaient « très près » de l’atteinte de leurs objectifs et envisageaient de réduire leurs efforts militaires au Moyen-Orient. Peu après, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a précisé sur X que l’administration estimait que l’opération pourrait durer environ quatre à six semaines, en soulignant que les forces américaines accomplissaient un travail « exceptionnel ».
Les propos de l’exécutif ont été qualifiés d’ambigus par des observateurs, alors que certains médias rapportent que « quatre à six semaines » serait désormais l’horizon avancé pour la fin possible de l’opération baptisée par l’administration. En outre, des voix s’interrogent sur l’absence de critères clairs pour déterminer la victoire ou la fin des opérations.
Renforcement militaire et demande de financement
Malgré l’évocation d’un apaisement, Washington a redirigé depuis le Pacifique un groupe de navires d’assaut amphibies transportant 2 500 marines vers le Moyen-Orient. Ces renforts doivent s’ajouter aux quelque 50 000 militaires américains déjà présents dans la région, selon les annonces officielles.
Parallèlement, l’administration a demandé au Congrès une enveloppe supplémentaire d’environ 200 milliards de dollars pour soutenir les opérations en cours. Le président a continué d’affirmer qu’il n’envisageait pas d’envoyer des forces terrestres en Iran, tout en se réservant « toutes les options ». Cette posture contribue à maintenir une forte incertitude stratégique.
Un conflit qui ne faiblit pas sur le terrain
Trois semaines après le début des hostilités, les frappes se sont intensifiées dans plusieurs zones, y compris la capitale iranienne et ses environs, au moment même où la population célébrait le Nouvel An perse, Nowruz. Des tirs d’obus ont notamment touché une zone résidentielle du village de Dastak, dans la province de Guilan, faisant au moins deux morts selon les autorités locales.
Par ailleurs, l’agence semi-officielle iranienne a rapporté le lancement de deux missiles balistiques visant la base militaire de Diego Garcia, dans l’océan Indien, exploitée conjointement par les États-Unis et le Royaume-Uni. Israël a déclaré subir des tirs de missiles, tandis que l’Arabie saoudite a indiqué avoir abattu une vingtaine de drones en quelques heures dans sa région est, où se situent des installations pétrolières majeures.
Bilan humain et discours des dirigeants
Les autorités iraniennes font état de plus de 1 400 morts sur leur sol depuis le début du conflit. De leur côté, les bombardements israéliens auraient fait plus de 1 000 morts au Liban. En Israël, au moins 18 personnes auraient été tuées par des missiles iraniens, et au moins 13 soldats américains ont péri, selon des bilans officiels partagés par les différentes parties.
Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a salué la résistance des Iraniens et affirmé que le pays avait infligé « un coup étourdissant » à ses ennemis, qualifiant la guerre menée contre l’Iran de « grave erreur de calcul ». Il n’a toutefois pas été vu en public depuis qu’il est devenu chef religieux suprême à la suite des frappes ayant touché sa famille, selon les déclarations officielles.
Perspectives et incertitudes
Alors que l’administration américaine vante des progrès sur le terrain, les analystes soulignent la persistance d’incertitudes quant aux objectifs finaux et aux critères d’arrêt des hostilités. La combinaison d’annonces sur un possible « winding down », d’envois de renforts et de demandes massives de financement illustre des messages contradictoires susceptibles d’alimenter les tensions régionales.
Dans ce contexte volatile, la trajectoire de la guerre Iran–États-Unis reste imprévisible et le devenir de la région dépendra en grande partie des décisions politiques et militaires qui seront prises dans les semaines à venir.