Les bourses asiatiques ont plongé lundi matin après l’ultimatum lancé par le président américain Donald Trump, qui a menacé d' »anéantir » les infrastructures énergétiques iraniennes si l’Iran ne rouvrirait pas le détroit d’Ormuz. La perspective d’une interruption prolongée du passage maritime, par lequel transite habituellement un cinquième des exportations mondiales de pétrole et de gaz, a renforcé les craintes d’une crise énergétique globale.
Les principaux indices de la région ont enregistré des pertes marquées dès l’ouverture des marchés. La vente massive a reflété l’aversion au risque des investisseurs face à l’escalade des tensions au Moyen-Orient, tandis que les contrats à terme américains cotés hors horaires réguliers ont également reculé.
- Japon : le Nikkei 225 a chuté d’environ 4 %.
- Corée du Sud : le KOSPI a plongé près de 4,5 %.
- Hong Kong : le Hang Seng a reculé d’environ 2 %.
- Australie : l’ASX 200 a perdu environ 1,6 %.
- Nouvelle‑Zélande : le NZX 50 a diminué d’environ 1,3 %.
- Contrats à terme Wall Street : S&P500 et Nasdaq en baisse d’environ 0,5 %.
Marché pétrolier sous tension
Sur le marché de l’énergie, la nervosité est restée vive. Les contrats sur le brut Brent, référence internationale, ont bondi de plus de 1,5 % pour dépasser les 114 dollars le baril avant de redescendre autour de 111,30 dollars à 01:00 GMT.
Depuis le début du conflit entre les États-Unis et Israël contre l’Iran, les cours du pétrole ont déjà augmenté de plus de 50 %. Les analystes avertissent que des perturbations prolongées du détroit d’Ormuz pourraient pousser les prix encore plus haut, certains évoquant des niveaux à 150 dollars, voire 200 dollars le baril en cas de fermeture durable.
Ultimatum, réactions et calendrier
Trump a publié son avertissement sur sa plateforme, fixant un délai de 48 heures pour que Téhéran mette fin à son blocus effectif du détroit. En se basant sur l’heure de cette publication, le terme de l’ultimatum était programmé pour expirer à 23:44 GMT lundi.
Réagissant à la menace, les autorités iraniennes ont promis de fermer complètement le passage et d’entreprendre des frappes de représailles visant les infrastructures énergétiques et hydrauliques dans la région si l’intimidation était mise à exécution. Malgré cela, un petit nombre de navires battant pavillon chinois, indien et pakistanais continuaient d’emprunter le détroit.
Contexte géopolitique et perspectives
La menace américaine s’inscrit dans un conflit qui approche désormais du cap du premier mois, déclenché par des frappes américano‑israéliennes le 28 février. L’incertitude sur la durée et les objectifs de l’opération pèse sur les marchés : d’un côté, le président Trump a affirmé à certains moments être « très proche d’atteindre nos objectifs » et envisager un retrait progressif des opérations, et de l’autre il a lancé cet ultimatum radical.
Sur le plan diplomatique, une conversation téléphonique entre Trump et le Premier ministre britannique Keir Starmer s’est tenue dimanche ; les deux dirigeants ont convenu que le déblocage du détroit était « essentiel pour assurer la stabilité du marché énergétique mondial ». Parallèlement, un porte‑parole militaire israélien a indiqué que les plans opérationnels prévoyaient au moins trois semaines supplémentaires d’actions, renforçant ainsi le risque d’une prolongation des tensions.