Les vitamines B, au nombre de huit, jouent un rôle essentiel dans l’organisme, même si elles restent souvent méconnues du grand public. B1, B2, B3, B5, B6, B8, B9 et B12 interviennent dans de nombreux mécanismes liés à l’énergie, au système nerveux, au cerveau et au cœur. Deux chercheurs de l’université Tufts, à Boston, rappellent que leur influence dépasse largement le cadre de la simple nutrition.
Selon leurs travaux, certaines vitamines B sont particulièrement surveillées pour leurs effets sur la santé cardiovasculaire et la santé cognitive. La vitamine B12, notamment, attire l’attention en raison de son lien potentiel avec le déclin cognitif chez les seniors. La vitamine B6 et la vitamine B9, elles aussi, font l’objet d’un intérêt croissant dans la recherche médicale.
Vitamine B6, B9 et B12 : trois vitamines B au cœur de la santé
Parmi les vitamines B les plus souvent citées, trois se distinguent. La vitamine B6 participe à la production des neurotransmetteurs, ces messagers chimiques qui assurent la communication entre les neurones et le reste du corps. D’après l’Anses, on la trouve surtout dans les céréales, les légumes et les foies animaux.
La vitamine B9, aussi appelée acide folique, est particulièrement importante pendant la grossesse, car elle contribue au bon développement du cerveau du fœtus. Elle est présente dans les légumineuses, les légumes à feuilles et la levure de bière. Quant à la vitamine B12, elle est essentielle au bon fonctionnement nerveux et cérébral, mais pose un problème particulier aux personnes végétaliennes, puisqu’elle n’est présente que dans les produits d’origine animale.
Carence en vitamine B12 et déclin cognitif chez les seniors
Le docteur américain Joel Mason, gastroentérologue, souligne le lien étroit entre démence et carence en vitamine B12 dans une interview accordée à News Medical. Selon lui, jusqu’à 40 % des personnes de plus de 75 ans auraient plus de difficultés à absorber cette vitamine, ce qui peut compliquer le maintien de bonnes fonctions cérébrales avec l’âge.
Le pharmacologue Irwin Rosenberg rappelle de son côté que le déclin cognitif lié à l’âge ne se résume pas à la maladie d’Alzheimer. « Nous avons regroupé sous un même nom de nombreux types de dysfonctionnements cérébraux. Ce faisant, nous avons négligé l’importance des vaisseaux sanguins – et par extension de la nutrition – pour préserver les fonctions cérébrales », explique-t-il. Cette approche remet la nutrition au centre des réflexions sur la santé cognitive des seniors.
Des tests plus précis pour repérer une carence en B12
Le dépistage d’un manque de vitamine B12 n’est pas toujours simple. Des tests classiques peuvent afficher des taux jugés normaux alors qu’une carence réelle persiste, car la vitamine mesurée n’est pas forcément biodisponible, donc réellement assimilable par l’organisme. Pour affiner le diagnostic, deux marqueurs sont mis en avant par les chercheurs.
Il s’agit d’une part d’un taux trop élevé d’homocystéine, un acide aminé, et d’autre part d’un taux élevé d’acide méthymalonique, substance produite par le corps lorsqu’il manque de vitamine B12. Les deux chercheurs espèrent convaincre les cardiologues et les neurologues de mesurer la vitamine B12 et l’homocystéine lors de l’évaluation des troubles cognitifs.
Pour confirmer ces résultats et l’intérêt de ces examens, une étude portant sur 2 500 personnes est actuellement en cours.
Vitamine B6 et inflammation : un autre champ d’étude
La vitamine B6 suscite aussi l’intérêt des chercheurs en raison de son possible effet sur l’inflammation. Une supplémentation mieux ciblée pourrait réduire l’activité inflammatoire, un mécanisme impliqué dans de nombreuses maladies chroniques. L’inflammation chronique est notamment associée aux maladies cardiovasculaires, aux démences, aux douleurs articulaires, au syndrome de l’intestin irritable ou encore au psoriasis.
Joel Mason rappelle toutefois que l’usage des vitamines B doit rester encadré. « Là encore, il s’agit d’administrer des vitamines B à une dose pharmaceutique appropriée, sous la surveillance d’un clinicien », prévient-il. Il ajoute que la vitamine B6 peut devenir toxique en grandes quantités, ce qui impose la prudence avant toute supplémentation.