Le prédiabète, souvent perçu comme un simple signal d’alerte, pourrait en réalité avoir des conséquences bien plus sérieuses chez les adultes de 20 à 54 ans. Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Buffalo, à New York, et publiée le 7 août dans JAMA Network Open, met en évidence une surmortalité dans cette tranche d’âge. Les auteurs estiment que le dépistage précoce de la glycémie pourrait jouer un rôle central dans la prévention.
Le prédiabète, un état intermédiaire à ne pas négliger
Le diabète est une maladie chronique caractérisée par une glycémie élevée, c’est-à-dire une concentration trop importante de sucre dans le sang. Cette situation résulte d’un dérèglement de l’insuline, l’hormone chargée de réguler le taux de glucose. Le prédiabète, lui, correspond à une glycémie supérieure aux valeurs recommandées, sans atteindre encore les seuils du diabète.
Il ne s’agit pas d’une maladie à proprement parler, mais d’un facteur de risque. Sans prise en charge, cet état peut évoluer avec le temps vers un diabète de type 2. C’est précisément ce risque de progression qui inquiète les spécialistes, surtout lorsqu’il touche des adultes jeunes.
Une étude sur plus de 38 000 adultes américains
Pour évaluer l’impact réel du prédiabète sur la santé, les chercheurs ont analysé les réponses de plus de 38 000 Américains de plus de 20 ans, dont près de 10 000 présentaient un prédiabète. Les participants ont été suivis entre 1999 et 2018, ce qui a permis d’observer l’évolution de leur état de santé sur une longue période.
Dans un premier temps, les données montraient que les personnes concernées par le prédiabète avaient davantage de risques de décéder pendant cette période. Mais après réajustement des résultats en tenant compte d’autres facteurs, comme les maladies associées et les habitudes de vie, le lien avec la mortalité n’est resté significatif que chez les 20-54 ans.
Une surmortalité qui persiste chez les 20-54 ans
Cette association observée chez les adultes jeunes a particulièrement retenu l’attention des chercheurs. Selon le docteur en économie de la santé Obinna Ekwunife, auteur de l’étude, le prédiabète chez les jeunes adultes pourrait traduire une évolution plus défavorable de la maladie, avec un dysfonctionnement métabolique qui apparaît plus tôt.
Il souligne également l’intérêt d’un dépistage plus précoce, notamment chez les personnes qui présentent d’autres facteurs de risque. L’obésité, les antécédents familiaux de diabète et les désavantages socio-économiques sont ainsi cités comme des éléments qui justifient une surveillance accrue de la glycémie.
Les valeurs de glycémie à connaître
Selon la Fédération française des diabétiques, le prédiabète correspond à une glycémie comprise entre 1,10 g/L et 1,26 g/L. Au-delà de cette fourchette, les valeurs entrent dans la zone du diabète. À l’inverse, une glycémie considérée comme normale se situe entre 0,70 g/L et 1,10 g/L.
Ces repères sont essentiels pour comprendre à quel moment il devient nécessaire d’agir. Plus le prédiabète est repéré tôt, plus il est possible de modifier certains comportements avant que la situation ne s’aggrave.
Des habitudes de vie à ajuster pour limiter les risques
Une fois le prédiabète identifié, plusieurs changements simples peuvent aider à stabiliser la glycémie et à réduire le risque d’évolution vers le diabète. L’objectif est de limiter les pics de sucre dans le sang et d’améliorer l’équilibre métabolique au quotidien.
- Réduire la consommation d’aliments ultra-transformés.
- Privilégier les produits bruts et les repas faits maison.
- Augmenter l’apport en fibres en ajoutant davantage de légumes.
- Remplacer les glucides habituels par des céréales complètes.
- Renforcer l’activité physique avec des pratiques régulières et appréciées.
Ces ajustements, associés à un dépistage plus précoce chez les personnes à risque, pourraient contribuer à limiter la progression du prédiabète et à protéger la santé des adultes jeunes.