La diffusion de l’intelligence artificielle générative continue d’accélérer, mais pas au même rythme partout. Selon les données publiées par le Microsoft AI Economy Institute et relayées ce 7 mai 2026, 17,8 % de la population mondiale en âge de travailler utilise désormais des outils d’IA générative. Derrière cette progression rapide, un signal inquiète : l’écart d’adoption entre pays du Nord et pays du Sud se creuse.
Au premier trimestre 2026, 27,5 % des 15-64 ans dans les pays du Nord ont utilisé un outil d’IA générative, contre 15,4 % dans les pays du Sud. L’écart atteint ainsi 12,1 points, après 10,6 points fin 2025 et 9,8 points au premier semestre 2025. Autrement dit, l’IA se démocratise, mais elle renforce aussi les lignes de fracture déjà connues du numérique.
La France conserve une position très élevée
Dans ce paysage mondial, la France confirme sa place parmi les pays où les usages de l’IA générative sont les plus installés. Microsoft indique que 47,8 % des Français en âge de travailler utilisent aujourd’hui ces outils, soit une hausse de 3,8 points sur un trimestre. Le pays reste cinquième du classement mondial, derrière les Émirats arabes unis, Singapour, la Norvège et l’Irlande.
Cette position est notable car elle place la France devant plusieurs grandes économies, dont les États-Unis, malgré le rôle central des entreprises américaines dans la conception des modèles et services d’IA. L’étude montre ainsi que la diffusion réelle d’une technologie ne dépend pas seulement de l’endroit où elle est inventée, mais aussi de l’accès, des usages professionnels et des politiques d’accompagnement.
Électricité, Internet, compétences : les freins restent très concrets
Le rapport met en avant des causes structurelles. Dans de nombreux pays en développement, l’accès irrégulier à l’électricité, la qualité de la connexion Internet, le coût des équipements et le niveau de compétences numériques limitent l’usage quotidien des outils d’IA. La fracture ne se joue donc pas uniquement dans les laboratoires ou les data centers : elle commence dans les infrastructures de base.
La question linguistique reste également déterminante. Les modèles d’IA ont historiquement mieux fonctionné en anglais, ce qui a favorisé les pays anglophones ou les environnements professionnels déjà très internationalisés. Microsoft souligne toutefois des progrès dans le traitement de langues non européennes, un élément qui contribue à la forte progression observée dans plusieurs marchés asiatiques.
Une adoption plus rapide que les grandes technologies passées
L’ampleur du phénomène reste exceptionnelle. Microsoft estime qu’en moins de trois ans, plus de 1,2 milliard de personnes ont utilisé des outils d’IA, un rythme plus rapide que celui observé pour Internet, l’ordinateur personnel ou le smartphone. Mais cette vitesse ne garantit pas une diffusion équilibrée.
À retenir
- 17,8 % de la population mondiale en âge de travailler utilise l’IA générative.
- L’écart Nord-Sud atteint 12,1 points au premier trimestre 2026.
- La France reste 5e mondiale avec 47,8 % d’utilisateurs.
L’enjeu devient donc moins de savoir si l’IA va se diffuser que de comprendre qui pourra réellement en tirer parti. Sans accès fiable aux réseaux, aux compétences et aux outils adaptés aux langues locales, les gains promis en matière de productivité, d’éducation ou de services risquent de bénéficier d’abord aux économies déjà les mieux équipées.
Sources
Données issues du Microsoft AI Economy Institute, article Microsoft Source EMEA et synthèse AFP relayée par Libération, publiés le 7 mai 2026.