Les ventes de voitures électriques neuves en France ont bondi de 48 % sur les quatre premiers mois de 2026, atteignant 148 302 unités contre 100 061 un an plus tôt, selon les chiffres publiés par la Plateforme automobile (PFA). Une progression spectaculaire qui contraste avec un marché automobile global en repli de 1,6 %, à 539 895 immatriculations depuis janvier.
La part de marché des véhicules 100 % électriques s’est stabilisée à 26 % en avril, ce qui signifie qu’une voiture neuve sur quatre vendue en France est désormais électrique. Du jamais vu dans l’Hexagone, où la transition énergétique du parc automobile semblait jusqu’ici poussive.
La Renault 5 en tête, les marques chinoises en embuscade
La Renault 5 électrique domine le classement des ventes d’avril avec 3 418 exemplaires, suivie par la Scénic (2 114), la Citroën ë-C3 (1 611), la Tesla Model Y (1 456) et la Volkswagen ID.4 (1 216). Au classement général toutes motorisations confondues, la Clio reste première (7 216 unités), mais la R5 confirme son statut de phénomène commercial.
Autre fait marquant : les marques chinoises représentent désormais 7 % de part de marché dans le segment électrique. BYD, Xpeng et MG progressent rapidement, portées par des prix agressifs et une offre de modèles qui s’étoffe. Une percée qui commence à inquiéter les constructeurs européens historiques.
Un marché global toujours déprimé
L’embellie électrique masque une réalité plus sombre pour l’industrie automobile française. Le marché reste inférieur de 27,19 % à son niveau d’avant-crise sanitaire. « Depuis l’avant-Covid, le marché s’est contracté d’un quart, ce qui équivaut à 500 000 véhicules de moins par an », a rappelé un porte-parole de la PFA. L’inflation persistante et une croissance économique atone au premier trimestre pèsent sur les décisions d’achat des ménages.
Stellantis conserve la première place avec 36 522 ventes en avril, mais ses volumes restent inférieurs de près de 50 % à ceux d’avril 2019. Renault et ses marques suivent avec 35 174 unités, en recul de 9,9 % sur un an.
La flambée du pétrole, accélérateur de la transition
Si l’impact de la hausse des prix des carburants — conséquence directe du blocage du détroit d’Ormuz — n’est pas encore chiffrable dans les statistiques françaises, les premiers signaux venus du Royaume-Uni sont éloquents. Adam Wood, patron de Renault UK, a salué une « hausse spectaculaire » des ventes d’avril, qu’il attribue directement à la flambée du baril. La PFA estime que l’effet sur les commandes françaises sera mesurable à partir des données de mai.
Le gouvernement a annoncé un nouveau chapitre du leasing social pour 50 000 véhicules électriques supplémentaires dans les prochains mois, après un premier programme à l’automne dernier. Une aide bienvenue alors que le parc automobile français entame une mutation accélérée, poussée autant par les réglementations que par la réalité géopolitique du prix de l’énergie.