La cour d’appel de Séoul a réduit jeudi de huit ans la peine de Han Duck-soo, ancien Premier ministre sud-coréen, la ramenant à 15 ans de prison dans l’affaire liée à la proclamation de la loi martiale par l’ex-président Yoon Suk Yeol. Le tribunal a toutefois maintenu l’essentiel des condamnations prononcées contre lui, estimant qu’il avait participé à des faits liés à l’insurrection.
Âgé de 76 ans, Han Duck-soo est détenu depuis sa condamnation initiale en janvier. La nouvelle décision, rendue dans la capitale sud-coréenne, intervient alors que l’ancien haut responsable contestait une peine de 23 ans qu’il jugeait excessivement lourde. Il avait été reconnu coupable d’insurrection, mais aussi de faux témoignage et de falsification d’un document officiel.
Selon le juge présidant l’audience, la réduction de peine tient notamment au fait que Han Duck-soo avait passé « plus de 50 ans en tant que fonctionnaire » avant la déclaration de loi martiale. La cour a également estimé que les éléments du dossier ne permettaient pas d’établir qu’il avait joué un rôle plus actif dans l’insurrection, en la préparant à l’avance ou en la dirigeant de manière systématique.
Pour autant, le magistrat a souligné que l’ancien Premier ministre avait « abandonné les graves responsabilités liées à l’autorité et à la fonction qui lui avaient été confiées » pour se ranger du côté des personnes impliquées dans les actes d’insurrection. Han Duck-soo, vêtu d’une chemise blanche et d’un costume sombre sans cravate, a écouté le verdict sans réaction apparente.
La déclaration de loi martiale décidée par Yoon Suk Yeol en décembre 2024 avait brièvement suspendu le pouvoir civil et plongé la Corée du Sud dans le chaos. Elle n’avait duré qu’environ six heures, les députés de l’opposition ayant rapidement voté son annulation. Cet épisode a ouvert une crise politique majeure dans le pays.
Lors de son premier procès, Han Duck-soo avait nié toute faute sur la plupart des chefs d’accusation, à l’exception du faux témoignage. En novembre, il avait affirmé regretter de n’avoir pas pu empêcher Yoon Suk Yeol de décréter la loi martiale, tout en assurant qu’il « n’avait jamais accepté cela ni tenté d’aider » l’ancien président.
Technocrate chevronné, Han Duck-soo a occupé des postes de premier plan sous cinq présidents. Il avait ensuite été désigné président par intérim après la destitution de Yoon, avant d’être lui-même visé par une procédure d’impeachment pour avoir, selon ses détracteurs, facilité la proclamation de la loi martiale. La Cour constitutionnelle avait finalement annulé cette destitution, lui restituant ses pouvoirs avant sa démission pour se lancer dans la course à l’élection présidentielle anticipée de juin.
Il avait toutefois mis fin à sa candidature, sur fond de divisions au sein du camp conservateur. De son côté, Yoon Suk Yeol fait face à huit procédures distinctes et a été condamné à la prison à vie en février pour avoir, selon la justice, orchestré une insurrection. L’ancien procureur a rejeté les accusations, affirmant avoir agi dans le cadre de ses prérogatives présidentielles et pour alerter sur l’obstruction des partis d’opposition.
Dans une déclaration après sa condamnation, Yoon a présenté ses excuses pour les « frustrations et les difficultés » causées à la population par son décret, tout en disant maintenir la « sincérité et le but » de sa décision. L’affaire continue ainsi de peser lourdement sur la scène politique sud-coréenne.