Une frappe aérienne israélienne sur Gaza-ville a tué Azzam Khalil al-Hayya, fils de Khalil al-Hayya, chef du bureau politique du Hamas et principal négociateur du mouvement dans les discussions indirectes avec Israël. Selon une source de l’hôpital al-Chifa citée par Al Jazeera, Azzam al-Hayya a succombé à ses blessures jeudi, après avoir été grièvement touché dans un raid mené tard mercredi soir dans le quartier de Daraj.
Le décès a été confirmé dans la soirée par un cadre du Hamas, Basem Naim, dans une publication sur X. D’après les équipes médicales, l’attaque a également fait au moins un autre mort et blessé neuf personnes. Le même jour, quatre autres Palestiniens ont été tués dans deux autres frappes israéliennes, dont un colonel de haut rang de la police à Gaza.
Avant même l’annonce officielle de la mort de son fils, Khalil al-Hayya avait pris la parole en affirmant que les frappes israéliennes ne briseraient pas la détermination du Hamas. « Ni le meurtre de nos fils ni le martyre de nos dirigeants ne nous intimideront », a-t-il déclaré, ajoutant que les enfants des responsables du mouvement restent, selon lui, « les enfants du peuple palestinien ».
Ce n’est pas la première fois que la famille al-Hayya est touchée par les tentatives israéliennes de viser le chef du Hamas. Khalil al-Hayya a déjà perdu trois fils lors d’opérations précédentes : deux ont été tués à Gaza pendant les affrontements de 2008 et 2014, tandis qu’un troisième a péri à Doha, au Qatar, en septembre dernier, lors d’une tentative israélienne visant la direction du mouvement.
Pour le Hamas, la frappe contre Azzam al-Hayya illustre une nouvelle escalade. Taher al-Nono, responsable du mouvement et proche collaborateur de Khalil al-Hayya, a dénoncé sur Facebook un « sommet de dégradation morale et éthique ». Il a estimé que les bombardements et les morts ne feraient que renforcer la fermeté du négociateur du mouvement dans ses positions et dans la défense des droits des Palestiniens.
Dans le même temps, l’armée israélienne n’avait pas réagi immédiatement à ces accusations. Les frappes de mercredi s’inscrivent toutefois dans une série d’attaques menées sur plusieurs secteurs de la bande de Gaza, alors que les tensions restent vives malgré l’accord de cessez-le-feu conclu en octobre dernier.
Nouvelle journée meurtrière dans plusieurs secteurs de Gaza
Avant la frappe qui a tué Azzam al-Hayya, deux autres raids israéliens avaient visé Gaza. Dans le quartier de Zeitoun, au nord de la ville, trois membres d’une même famille ont été tués alors qu’ils tentaient d’installer une tente près de la mosquée Salah al-Din, selon des sources médicales. Plusieurs autres personnes ont été blessées dans cette attaque.
Dans le sud, à al-Mawasi, une autre frappe a coûté la vie à Naseem al-Kalazani, présenté comme le chef de la force antidrogue à Khan Younis. Selon les secours, son véhicule a été ciblé par les forces israéliennes. Au moins 17 autres personnes ont également été blessées dans l’ensemble de ces attaques.
Le Hamas a dénoncé ces opérations comme une « violation flagrante » de l’accord de trêve signé l’an dernier, les qualifiant de poursuite d’une « guerre d’extermination » contre la population de l’enclave. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le ministère de la Santé à Gaza affirme que 837 Palestiniens ont été tués et 2 381 autres blessés.
Un bilan humain qui continue de s’alourdir
Depuis le début de la guerre israélienne contre Gaza en 2023, le bilan humain atteint désormais au moins 72 619 morts et 172 484 blessés, selon les chiffres palestiniens relayés par les autorités sanitaires de l’enclave. La majorité des victimes sont des femmes et des enfants.
Sur le terrain, une grande partie de Gaza est en ruines. Les Nations unies estiment que les conditions de vie y restent « désastreuses et souvent mortelles », tandis que l’action humanitaire demeure entravée. Cette situation alimente les inquiétudes sur l’aggravation d’une crise déjà extrême pour les civils palestiniens.
Dans ce contexte, le cabinet de sécurité israélien s’est réuni plus tôt cette semaine pour discuter d’une possible reprise de la guerre, après le refus du Hamas de s’engager à déposer les armes selon les exigences de Tel-Aviv. Le mouvement islamiste, lui, maintient que la question de son armement ne peut être abordée qu’à travers un cadre politique menant à la création d’un État palestinien.
Le Hamas demande également à Israël de cesser d’étendre son contrôle sur Gaza et d’augmenter l’acheminement de l’aide humanitaire dans le territoire assiégé. Alors que les négociations restent dans l’impasse, les frappes se poursuivent et renforcent encore la pression sur une population déjà épuisée par des mois de guerre.