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    Cognac : baisse annoncée du chiffre d’affaires des exploitations en 2025

    France

    La filière du cognac anticipe une baisse significative du chiffre d’affaires des exploitations dès 2025, en raison notamment d’une réduction drastique des rendements autorisés. Cette situation crée une période d’adaptation délicate pour les viticulteurs, confrontés à une nouvelle réalité économique après plusieurs années de croissance soutenue.

    De nombreux viticulteurs cognaçais ont planté de nouvelles vignes ces dernières années, portés par les prévisions de croissance.

    Un impact différé sur les résultats financiers des exploitations

    Selon Antoine Mornaud, l’impact de la chute des ventes de cognac sur les exploitations ne sera pas immédiat. En 2024, les producteurs commercialisent encore des eaux-de-vie issues de récoltes anciennes, réalisées à un rendement autorisé supérieur à 14 hectolitres d’alcool pur par hectare. Or, ce plafond a été réduit de moitié pour 2025, à seulement 7,6 hectolitres par hectare.

    À court terme, aucun effondrement du chiffre d’affaires n’est donc observé, d’autant que 90 % des domaines disposent de contrats avec des maisons de négoce, respectés dans la grande majorité des cas. Toutefois, la baisse du rendement commencera à se refléter dans les comptes dès 2025, avec une diminution du chiffre d’affaires des exploitations.

    Les trois prochaines années seront cruciales pour mesurer les réalités financières, même si, pour l’instant, la situation reste saine avec un encours de qualité et des engagements bancaires honorés.

    Adaptations économiques et maîtrise des coûts

    Face à cette conjoncture, les domaines viticoles adoptent une posture prudente. Depuis environ un an, une baisse du coût de revient à l’hectare est constatée. Les investissements sont suspendus, et les dépenses diminuent, notamment en réduisant le nombre de passages dans les vignes et en limitant l’achat de matériel.

    Cette réduction des coûts traduit une adaptation aux nouvelles contraintes économiques. Les exploitations, qui ont bénéficié par le passé de fortes rentabilités renforçant leurs fonds propres, vivent désormais sur leurs réserves. La filière évolue dans un contexte où les cycles économiques sont plus longs que dans d’autres régions viticoles françaises, nécessitant une gestion patiente et progressive.

    Un boom post-Covid suivi d’une remise en question

    La sortie de la crise sanitaire a vu un véritable pic d’investissement dans le vignoble cognaçais, porté par une forte augmentation de la consommation mondiale de spiritueux. Cette dynamique a conduit à des expéditions record, incitant les viticulteurs à accroître leurs surfaces plantées et leurs investissements.

    Cependant, les hypothèses de rendement sur lesquelles ces projets étaient basés – généralement entre 10 et 12 hectolitres d’alcool pur par hectare – sont désormais remises en cause. Le plafond autorisé pour 2025, à 7,6 hectolitres, pose la question de la viabilité des plans d’affaires des exploitants.

    Un avenir incertain mais des marques solides

    Antoine Mornaud souligne que des difficultés importantes sont à prévoir, sans pouvoir encore en mesurer l’ampleur précise. Il rappelle l’expérience des années 1990 où, malgré des rendements limités à 6 hectolitres par hectare pendant plusieurs années, aucune vague de faillites n’avait eu lieu.

    Si le rendement devait rester durablement bas, des situations d’impasse pourraient survenir, notamment sur une décennie. Toutefois, la filière bénéficie d’un solide ancrage grâce à des marques fortes qui préservent sa pérennité.

    Une stratégie d’investissement sur le long terme

    Contrairement à la crise précédente, les exploitations ont récemment connu un important mouvement d’investissement, avec des achats de vignes et des modernisations sur des durées d’amortissement de quinze ans. Ces investissements ne sont pas considérés comme vains, car ils permettent notamment de réduire les coûts à l’hectare et d’améliorer les conditions de travail et la santé des salariés.

    Les agriculteurs ajustent leurs charges variables et leurs dépenses d’exploitation pour faire face à la situation. Les financements ont été étudiés sur la base de rendements raisonnables (environ 10 hectolitres), évitant ainsi des risques excessifs.

    Premières tensions financières

    Les demandes d’adaptation des remboursements de prêts commencent à émerger, mais sans atteindre un niveau massif. Le climat économique s’est tendu, passant d’une période d’optimisme à une situation plus incertaine, notamment à cause de mesures fiscales comme une taxe à 200 % sur certains produits.

    Cette conjoncture a brutalement stoppé les exportations, en particulier vers les États-Unis, impactant directement les ventes. Malgré ces défis, la filière reste solide et incite à adopter une vision à long terme.

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    source:https://objectifaquitaine.latribune.fr/business/2025-05-06/cognac-2025-va-commencer-a-acter-une-baisse-du-chiffre-d-affaires-pour-les-exploitations-credit-agricole-1024040.html

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