Placer un bébé prématuré très tôt, nu contre la poitrine de sa mère pendant deux heures, ne semble pas améliorer son développement cognitif, moteur ou langagier lorsqu’il atteint l’âge de 2 à 3 ans. Cependant, cette pratique favorise significativement l’allaitement maternel à la sortie de l’hôpital.

Un impact limité du contact peau à peau sur le développement neurologique
Les enfants nés entre la 28e et la 32e semaine de grossesse présentent un risque élevé de déficiences à long terme, telles que paralysie cérébrale, retards cognitifs et langagiers, troubles psychiatriques ou déficits sensoriels. Pour tenter d’atténuer ces risques, une équipe norvégienne de l’hôpital universitaire de Trondheim a évalué les effets du contact peau à peau immédiat, recommandé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), sur le développement neurologique de ces grands prématurés.
Étude norvégienne : méthodologie et résultats
Publiée dans la revue JAMA Network Open, cette étude a suivi 108 bébés nés entre 28 et 32 semaines de grossesse, pesant plus de 1 000 g et nécessitant moins de 40 % d’oxygène à la naissance. Les nouveau-nés ont été répartis en deux groupes :
- un groupe bénéficiant de deux heures de contact peau à peau immédiat en salle d’accouchement,
- un groupe recevant des soins standards avec transfert direct en incubateur en unité de soins intensifs néonatals.
Le critère principal évalué était le développement cognitif entre 2 et 3 ans.
Les résultats ont montré une absence de différence significative entre les deux groupes concernant le développement cognitif. Les scores moyens étaient proches, à 99,6 pour le groupe peau à peau et 99,4 pour le groupe soins standards. Le risque de retard de développement était également similaire, avec 51 % chez les enfants du contact peau à peau et 49 % chez ceux du groupe contrôle.
Un effet positif notable sur l’allaitement maternel
En revanche, l’étude a révélé un avantage clair en matière d’allaitement. À la sortie de l’hôpital, 84 % des bébés ayant bénéficié du contact peau à peau étaient allaités, contre 67 % dans le groupe soins standards. Cette différence persiste à 12 mois, avec 44 % des prématurés du groupe peau à peau encore allaités, contre 26 % dans l’autre groupe.
Une pratique recommandée pour ses bénéfices durables et sa simplicité
Les chercheurs soulignent que, malgré l’absence d’amélioration sur le développement neurologique, le contact peau à peau reste une intervention simple, sûre et peu coûteuse. Sa capacité à favoriser l’allaitement maternel, dont les bénéfices sont reconnus à long terme pour la santé de l’enfant, justifie son adoption plus large dans les unités de soins néonatals.
Selon l’équipe, renforcer la proximité parent-enfant pourrait ainsi avoir un impact positif concret, même si les scores neurodéveloppementaux ne sont pas modifiés.
