Le Chevrolet Corvair Monza 1966, souvent considéré comme l’un des plus beaux modèles de la gamme Chevrolet des années 60, suscite encore beaucoup d’intérêt. Proposé à environ 14 000 €, ce véhicule classique mérite-t-il cet investissement ? Nous allons examiner ses caractéristiques, son histoire et son état pour vous aider à y voir plus clair.
Une icône des années 60 avec une histoire mouvementée
Introduit en 1960, le Corvair était la réponse américaine à la popularité de la Volkswagen Coccinelle. Cependant, il a rapidement été au cœur de controverses liées à sa sécurité, notamment en raison de son moteur arrière et de la suspension à essieu oscillant, qui rendaient la conduite des premiers modèles imprévisible. Cette situation a valu au véhicule d’être la cible de Ralph Nader, célèbre défenseur de la sécurité automobile, dans son ouvrage « Unsafe At Any Speed ».
Heureusement, la deuxième génération, lancée en 1965, a corrigé ces défauts grâce à une suspension arrière entièrement articulée. Cette amélioration a permis à Chevrolet d’offrir une meilleure tenue de route et de libérer davantage de puissance pour son moteur six cylindres à plat refroidi par air.
Design et mécanique : un savant mélange de style et de performance
Le modèle Monza de 1966 se distingue par son design élégant et épuré, reconnaissable entre tous. Sa silhouette basse et allongée présente un profil latéral subtil évoquant une bouteille de Coca-Cola, similaire à celui de la Chevrolet Chevelle, avec une face avant en forme de nez de requin et des feux arrière quadruples qui rendent hommage à la Corvette.
Sous le capot, ce modèle est équipé d’un moteur six cylindres à plat de 2,7 litres (164 pouces cubes), ici équipé de quatre carburateurs simples. Ceux-ci fonctionnent en tandem : deux carburateurs principaux et deux secondaires qui ne s’ouvrent qu’en cas d’accélération maximale, offrant ainsi une meilleure réactivité et un couple plus généreux à bas régime. Ce « Turbo-Air » atmosphérique développe environ 140 chevaux (bruts), capables de propulser les 1 043 kg de la voiture avec agilité.
La transmission est manuelle à quatre rapports, commandée par un levier positionné sur le plancher plat emblématique du Corvair, renforçant le caractère sportif de cette auto.
Finitions et équipements spécifiques à la version Monza
Le Monza se démarque par plusieurs détails esthétiques et pratiques : un tableau de bord au fini noir craquelé, un compte-tours intégré dans le combiné d’instruments, ainsi que des sièges baquets pour le conducteur et le passager avant. Le modèle présenté est repeint en rouge Aztec d’usine, avec des jantes SS empruntées à une Chevelle ou un Camaro, qui ajoutent une touche de style supplémentaire.
Malgré quelques bulles de rouille sous la peinture près du pare-brise, aucun dommage structurel important n’est à signaler, ce qui est rassurant pour un véhicule de cet âge. L’intérieur conserve sa sellerie en vinyle en excellent état, sans décoloration notable.
En matière de sécurité, le Corvair de cette époque a été modernisé avec des ceintures de sécurité et un système de freinage à double circuit. Le propriétaire mentionne également l’ajout d’un échappement « sportif » améliorant le son du moteur, une touche appréciée pour les amateurs de sensations.
Un investissement raisonnable pour les passionnés ?
Le véhicule est vendu avec un titre de propriété propre, et le vendeur invite à profiter pleinement du plaisir de conduire décapoté en ces temps incertains. Toutes les améliorations et pièces de rechange proviennent d’un spécialiste de la marque Corvair, garantissant ainsi une maintenance sérieuse et fiable.
Comparé à d’autres voitures sportives de l’époque, comme la Porsche 911 de première génération, le Corvair Monza offre une expérience similaire, avec même plus de puissance et un toit entièrement décapotable, là où la Porsche ne proposait qu’un toit Targa.
La vraie question reste : 14 000 € pour ce Chevrolet Corvair Monza de 1966 représente-t-il une bonne affaire ? Sa rareté, son charme vintage et ses améliorations en font une proposition séduisante pour un amateur de voitures anciennes recherchant un cabriolet classique capable de rouler le week-end sans exigences démesurées.
