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    Crise électorale en Tunisie : Craintes pour les élections de 2024

    Crise électorale en Tunisie : Craintes pour les élections de 2024

    Les préparatifs des élections présidentielles tunisiennes, prévues pour le 6 octobre prochain, se déroulent dans un contexte sans précédent qui soulève des préoccupations tant parmi les observateurs que les acteurs impliqués, y compris les candidats et les organisations de la société civile, en particulier celles spécialisées dans la surveillance électorale.

    Le début du processus électoral a été marqué par de nombreuses irrégularités légales et procédurales, interprétées par plusieurs juristes, comme le juge administratif à la retraite Ahmed Ssoud, comme des erreurs graves de la part de l’instance électorale « nommée ». Ces erreurs rendent le cadre légal des élections contestable, rendant tout le processus susceptible d’être annulé.

    Les événements survenus durant le processus électoral ont révélé que ces violations étaient intentionnelles, faisant partie d’un plan orchestré par une entité influente qui refuse toute révision ou retour en arrière, malgré les nombreux appels à corriger ces incohérences afin d’assurer un minimum de garanties pour la transparence, l’intégrité et l’égalité des chances.

    Il est évident que rien dans cette élection n’est en bon état. Cela signifie que le système supervisant les élections — composé d’une haute autorité et de différents ministères, tels que ceux de la Justice et de l’Intérieur — a échoué de manière catastrophique à remplir ses obligations constitutionnelles et légales, transformant ce qui aurait dû être une célébration électorale en une véritable calamité. L’instance électorale, autrefois synonyme d’indépendance et de neutralité, est désormais perçue comme un outil au service de l’autorité actuelle.

    L’impact du coup d’État de Kaïs Saïd

    En conséquence, le coup d’État de Kaïs Saïd, survenu le 25 juillet 2021, a conduit à l’une des élections les plus décevantes de l’histoire de la Tunisie.

    Peut-on considérer que cette version électorale est en décalage avec la trajectoire politique initiée par Saïd ? Ou bien est-ce que ce qui se produit n’est qu’une répétition de ce qu’il a orchestré le 25 juillet ? La dynamique actuelle de l’engagement civil et politique par rapport à ces élections est-elle simplement un événement temporaire ou représente-t-elle une évolution significative dans le paysage politique tunisien ?

    Le projet politique personnel de Kaïs Saïd

    Depuis son accession à la présidence en octobre 2019, Kaïs Saïd n’a cessé de critiquer le système politique établi par la constitution de la révolution de 2014. Il a cherché à s’imposer dans le paysage politique officiel en abusant des prérogatives que lui confère la constitution, notamment en refusant de donner des passeports diplomatiques aux députés du parlement et en s’opposant à l’intervention des forces de sécurité dans le contrôle de l’ordre au sein du parlement.

    Sa détermination à s’opposer au système a atteint son paroxysme lorsqu’il a choisi Elyes Fakhfakh, en dépit du vote de confiance du parlement pour le gouvernement de Habib Jemli, entraînant une crise politique majeure qui a révélé l’intention de Saïd de dominer le paysage politique tunisien au détriment des institutions.

    Une dynamique électorale inattendue

    En dépit des tentatives de Saïd d’éliminer toute opposition par l’arrestation de leaders politiques rivaux, une réponse a émergé sur la scène politique, avec l’apparition de nombreux candidats potentiels, perturbant ainsi ses stratégies électorales. Cette réaction a engendré un mouvement politique et citoyen qui a semé le trouble dans le plan électoral de Saïd et mis en lumière ses erreurs procédurales.

    La configuration actuelle montre un paysage politique en mutation, où un fossé se creuse entre le mode de vie démocratique que réclament certaines forces politiques modérées et un soutien à Saïd qui diminue progressivement. Ce décalage souligne une volonté croissante d’engagement civique parmi les Tunisiens, comme le montrent les efforts de collecte de parrainages pour les candidats.

    Les élections et leur enjeux

    Kaïs Saïd fait face à un dilemme en approchant des élections. Il aurait pu profiter d’un soutien populaire immédiat pour organiser des élections anticipées, mais sa confiance en son approche lui a fait rater cette opportunité. Trois ans après son coup d’État, il se retrouve contraint d’organiser des élections en position de faiblesse, presque seul face à une opposition déterminée.

    Ce contexte fait des élections présidentielles un véritable défi pour Saïd, qui pourrait s’y voir piégé. Si jamais il parvenait à remporter un deuxième mandat, lui-même serait confronté à sa légitimité et à la possibilité d’un échec retentissant.

    Les voix exprimées dans cet article ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale de la chaîne Al Jazeera.

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