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    Europe face aux amendes contre Meta et Apple : enjeux et délais

    Union européenne, États-Unis

    La Commission européenne se trouve confrontée à un dilemme délicat concernant le calendrier des amendes prévues contre les géants américains de la tech, Meta et Apple. Infliger des sanctions à ces puissantes entreprises pour non-respect des lois européennes constitue un signal politique fort, mais risque également d’être perçu par l’administration américaine, notamment sous Donald Trump, comme une déclaration de guerre commerciale.

    Enjeux des enquêtes et suspicions pesant sur Meta et Apple

    En mars 2024, la Commission européenne a ouvert cinq enquêtes visant Apple, Meta et Alphabet, la maison-mère de Google. Meta est suspectée d’exploiter commercialement les données personnelles des utilisateurs de WhatsApp, Instagram et Facebook sans offrir une alternative réelle à ceux qui refusent le profilage et la publicité personnalisée. De son côté, Apple est accusée de verrouiller les utilisateurs d’iPhone pour les éloigner de la concurrence.

    Ces soupçons ont été rendus publics afin de donner aux entreprises la possibilité d’ajuster leurs pratiques. Bien qu’elles aient apporté quelques modifications l’année dernière, le service d’enquête de la Commission estime qu’elles restent insuffisantes.

    Des amendes potentielles conséquentes mais mesurées

    Le processus avance désormais vers la phase des sanctions financières, avec des amendes pouvant atteindre jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires mondial. En 2024, Meta a généré environ 158 milliards d’euros, tandis qu’Apple a réalisé près de 374 milliards d’euros de revenus. Ces montants laissent entrevoir des amendes potentiellement très élevées, qui seront presque certainement contestées devant les tribunaux, comme cela a déjà été le cas par le passé lors d’affaires complexes, telles que celle opposant la Commission à Qualcomm.

    Les équipes juridiques de la Commission affronteront les meilleurs cabinets d’avocats du monde, rendant ces procédures longues et ardues. Les décisions attendues depuis plusieurs mois sont prêtes mais n’ont toujours pas été publiées, alors que la date butoir initiale fixée au 25 mars a été dépassée, la guerre commerciale lancée par l’administration Trump rendant la situation particulièrement sensible.

    La domination des géants américains de la tech soulève de sérieuses inquiétudes

    La position hégémonique des grandes entreprises technologiques américaines est jugée problématique, car leur taille écrase toute concurrence émergente. Partout dans le monde, y compris aux États-Unis, des enquêtes antitrust sont en cours, susceptibles d’aboutir à des démantèlements. Google pourrait être contraint de séparer son activité d’échange de données utilisateurs et de gestion de la publicité, tandis que Meta pourrait devoir céder WhatsApp ou Instagram.

    Ces démarches avaient commencé sous la précédente administration Trump et ont été renforcées sous Biden, avec un soutien politique accru. Cependant, depuis le retour en scène de Donald Trump, les dirigeants de ces groupes bénéficient d’un appui politique pour contrer les réglementations étrangères qu’ils jugent restrictives.

    Pressions politiques et menaces de la part des États-Unis

    Le 21 février 2025, l’administration Trump a publié un mémorandum qualifiant les amendes et taxes européennes d’“extorsion” et d’obstacles à l’innovation américaine, annonçant des contre-mesures. La Digital Markets Act (DMA) et la Digital Services Act (DSA) sont explicitement visées, constituant un avertissement clair à l’Union européenne de ne pas appliquer strictement ses règles numériques.

    La Commission européenne maintient sa position pour une régulation stricte

    La Commission insiste sur l’importance de faire respecter ses règles, à la fois pour protéger consommateurs et entreprises, et pour affirmer un ordre économique fondé sur la loi dans l’Union européenne. Henna Virkkunen, Commissaire européenne à l’autonomie numérique, a récemment rappelé qu’en Europe, les règles s’appliquent à tous les acteurs, qu’ils soient européens, américains ou chinois.

    Les législations européennes, notamment la DMA, la DSA ainsi que la plus récente AI Act, seront pleinement mises en œuvre. Une source proche des procédures souligne que toute entreprise souhaitant opérer en Europe doit respecter ces normes. Ceux qui comptent échapper à la régulation en s’appuyant sur la protection américaine se trompent, Meta comptant plus d’utilisateurs en Europe qu’aux États-Unis, confirmant l’importance stratégique du marché européen pour ces sociétés.

    Impact des règles européennes sur le modèle économique des big tech

    Les exigences européennes remettent en cause le cœur même du modèle économique des géants du numérique. Elles limitent la collecte et la monétisation des données utilisateurs tout en favorisant la concurrence, par exemple en facilitant la création de boutiques d’applications alternatives.

    Amendes probablement modérées pour éviter une escalade des tensions

    À Bruxelles, il se murmure que le montant des amendes ne sera pas maximal, ce qui pourrait être perçu comme un geste envers les entreprises, mais aussi comme une réponse à la pression américaine. La fixation des pénalités repose sur une méthodologie rigoureuse prenant en compte notamment la durée des infractions, et non sur la sensibilité politique des commissaires.

    La Commission vise surtout à obtenir un changement de comportement des sociétés, estimant que cela bénéfice davantage aux citoyens que la simple collecte de lourdes amendes. Cette stratégie a également l’avantage de limiter le risque d’aggravation du conflit commercial avec les États-Unis.

    Cependant, le retard accumulé dans la publication des sanctions suscite des critiques, certains estimant que la Commission apparaît hésitante, ce qui pourrait entamer sa crédibilité et envoyer un mauvais signal politique. Pour certains analystes, finaliser rapidement ces dossiers serait un signe fort d’indépendance et de fermeté face aux pressions extérieures.

    Tim Cook, PDG d'Apple, présente un produit en Californie

    Amendes Big Tech Europe | Europe | Meta | Apple | Amendes | Commission Européenne | Big Tech | Régulation Numérique | Digital Markets Act | Digital Services Act | États-unis | Union Européenne
    source:https://www.nrc.nl/nieuws/2025/04/16/waar-blijven-de-europese-boetes-voor-big-tech-a4890199

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