La Réserve fédérale des États-Unis (Fed) semble rester passive face aux incertitudes économiques et aux tensions géopolitiques qui secouent les marchés mondiaux. Alors que la Fed s’apprête à tenir une réunion cette semaine, le flou persiste quant à l’orientation de sa politique monétaire dans un contexte de bouleversements économiques et de perspectives de hausses de droits de douane.
Les enjeux du marché aujourd’hui
Plusieurs agences de sécurité nationale américaines ont suspendu certaines actions pour contrer le sabotage, la désinformation et les cyberattaques russes, allégeant ainsi potentiellement la pression sur Moscou. D’autre part, un juge fédéral américain a bloqué Elon Musk et DOGE dans leurs efforts pour fermer l’Agence américaine pour le développement international, jugeant leurs actions probablement inconstitutionnelles.
Les marchés boursiers, en forte baisse, et les signes de resserrement du crédit compliquent la tâche de la Fed alors que les décideurs se concentrent sur les dépenses des consommateurs. Le président russe Vladimir Poutine a accepté une suspension temporaire des attaques contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, mais n’a pas soutenu un cessez-le-feu de 30 jours après un appel avec Donald Trump. En parallèle, la Banque du Japon a maintenu ses taux d’intérêt, tentant de comprendre comment les hausses de tarifs américains pourraient affecter son économie axée sur l’exportation.
Un marché boursier en difficulté
Les actions de Wall Street ont subi une nouvelle journée difficile avec des pertes importantes pour les grandes entreprises technologiques. En revanche, les marchés européens et hongkongais ont enregistré des gains significatifs. Le Bundestag allemand a donné son feu vert à un important plan de défense et à un stimulus fiscal massif, qui devrait passer au Sénat d’ici le week-end.
Les investisseurs attendent avec impatience les projections économiques trimestrielles mises à jour de la Fed, alors que les contrats à terme indiquent peu de changements dans les taux d’intérêt d’ici la fin de l’année. Les inquiétudes concernant un ralentissement économique ont été partiellement apaisées par des chiffres positifs sur l’industrie et les mises en chantier aux États-Unis, tandis que la baisse des prix du pétrole a également rassuré les investisseurs.
La grande technologie face à l’incertitude
Les corrections boursières sont souvent des ajustements normaux qui permettent aux marchés haussiers de se maintenir, mais dans le contexte actuel, les gestionnaires d’actifs mondiaux semblent réticents à revenir vers les grandes entreprises technologiques américaines. Un sondage mensuel de Bank of America a révélé une réduction sans précédent de l’exposition aux actions américaines, tandis que les allocations aux actions de la zone euro ont considérablement augmenté.
Les préoccupations concernant les politiques commerciales et économiques erratiques des États-Unis, ainsi que les risques de stagflation, continuent de peser sur les esprits des investisseurs, même si certains estiment que les craintes de récession sont exagérées. Paradoxalement, malgré des périodes de volatilité, les actions des géants de la technologie, qualifiées de « Magnificent Seven », sont considérées comme surpondérées par les investisseurs, ayant subi une chute de près de 20 % de leur valorisation collective au cours des quatre dernières semaines.
Un paysage économique incertain
Les gestionnaires d’actifs semblent désormais considérer que le paysage économique américain est trop chaotique pour un engagement à long terme. L’incertitude entourant les nouvelles hausses tarifaires prévues par le président américain Donald Trump, qui devraient entrer en vigueur le 2 avril, complique encore plus la situation, surtout face à des taux d’intérêt qui pourraient s’avérer problématiques pour le secteur technologique qui a historiquement profité de taux bas.
