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    Gipfel en Alaska : un cadeau pour Poutine, selon un expert russe

    France

    Le Gipfel Alaska, Poutine, Donald Trump, Russie, Ukraine a été qualifié de «gigantesque erreur» par l’expert russe Ulrich Schmid, qui estime que le sommet a surtout profité à Vladimir Poutine et n’a produit aucun résultat concret, selon une interview.

    Gipfel Alaska, Poutine, Donald Trump, Russie, Ukraine : un cadeau pour Poutine, selon l’expert

    Ulrich Schmid, spécialiste de la Russie à la HSG St.Gallen, juge le sommet tenu en Alaska sans résultat et estime que la rencontre a avant tout servi la communication russe. Pour lui, la préparation américaine a été «dilettantisch» et a permis à Moscou de tirer avantage de la scène publique.

    Trump et Poutine se serrent la main devant un avion
    Donald Trump und Wladimir Putin schütteln sich die Hand vor einem Flugzeug auf dem Rollfeld in Alaska. Donald Trump und Wladimir Putin schütteln sich die Hand vor einem Flugzeug auf dem Rollfeld in Alaska.

    Schmid résume ainsi la fin du sommet :

    «Der Gipfel ist ohne Ergebnisse zu Ende gegangen. Zwei Erkenntnisse kann man daraus ziehen: Erstens ist ein weiteres Mal klar geworden, dass Putin keinen Frieden will, sondern Krieg. Er will nicht einmal einen Waffenstillstand. Und zweitens war es ein gigantischer Fehler, diesen Gipfel überhaupt durchzuführen. Das hat mit der dilettantischen Vorbereitung zu tun – die amerikanische Seite wollte russische Verhandlungsbereitschaft sehen, wo es keine gab.»

    Interrogé sur l’existence d’un «gagnant», Schmid est catégorique :

    «Putin hat alles bekommen, was er wollte. Mit diesem Gipfel hat Donald Trump Putin ein riesiges Geschenk gemacht.»

    Selon lui, l’important travail d’image produit par la visite — médias d’État russes en liesse, scènes telles que le président américain allant chercher son homologue à l’aéroport — a servi une narration forte en Russie : le pays ne serait plus isolé et le dirigeant russe retrouve une stature internationale.

    Schmid note toutefois que le pire scénario ne s’est pas réalisé : il n’y a pas eu d’accord bilatéral secret entre Washington et Moscou. Il rappelle qu’un projet américain, présenté en avril, aurait proposé la reconnaissance américaine de la Crimée, le gel du conflit le long des lignes actuelles et la levée des sanctions ; ce texte a été rejeté par la Russie en avril et, selon lui, sans doute de nouveau à Alaska.

    «Wenn er tatsächlich echte Fortschritte gemacht hätte, dann hätte er eine andere Sprache angeschlagen. Dann wäre der Gipfel mindestens ‹fantastic› gewesen.»

    Réactions en Europe et implications pour le conflit

    Du côté européen, l’approche est plus prudente et tourne autour d’une négociation depuis une position de force, d’après Schmid. Il cite le «programme en cinq points» européen formulé avant le sommet, qui défend notamment qu’un processus de paix doive partir «des lignes de contact» — formulation qui, selon lui, revient à admettre une forme de contrôle russe sur les territoires occupés si le conflit devait être gelé.

    Schmid observe cependant quelques signes mitigés du côté russe : la délégation de Moscou comptait davantage de technocrates que de faucons ultranationalistes, ce qui peut indiquer une conscience, chez certains proches de Poutine, du coût à long terme du conflit pour la Russie.

    Ulrich Schmid speaking at Stromkongress
    Ulrich Schmid spricht auf dem Stromkongress des VSE in Bern, 18. Januar 2023.

    Interrogé sur l’invitation de Poutine à Trump pour un prochain sommet à Moscou, Schmid souligne la valeur symbolique d’images montrant Trump devant le Kremlin, mais doute qu’un nouveau rendez‑vous ait lieu rapidement : «Trump hat ein sehr kurzes Gedächtnis. Vor zwei Tagen hat er noch von ‹schweren Konsequenzen› gesprochen, falls es am Gipfel nicht zu einem Ergebnis komme. Davon ist heute nichts mehr zu hören.»

    Sur l’issue possible du conflit, l’expert voit d’abord la probabilité d’un «guerre d’usure» qui se poursuivrait, rendant cruciale la position des États‑Unis et de l’Europe. Il met en exergue la division au sein de l’administration américaine entre isolationnistes et russophobes modérés, mais conclut :

    «Ich kann mir nicht vorstellen, dass Trump die Ukraine ganz im Stich lässt.»

    Schmid estime que l’élément décisif sera l’engagement européen, mentionnant des signes «verhalten positive» venant d’Allemagne. En l’absence d’un changement majeur, il voit le scénario le plus probable comme un maintien du statu quo, voire un gel du conflit en attendant une évolution politique à Moscou.

    Enfin, il décrit la tenue du sommet comme révélatrice de la détermination russe :

    «Es gab ganz am Anfang, beim ersten Fototermin, eine bezeichnende Szene, als Putin von einer amerikanischen Journalistin gefragt wurde, ob er aufhören würde, ukrainische Zivilisten zu töten. Putin hat sich taub gestellt. Das war das Leitmotiv dieser ganzen Alaska-Gipfelkonferenz und hat die russische Position sehr deutlich symbolisiert. Russland scheint wild entschlossen, diesen Krieg weiterzuführen.»

    Schmid ajoute que, jusqu’à présent, cet engagement militaire reste soutenu par une opinion publique russe convaincue d’un «principe de normalité» : la vie quotidienne doit suivre son cours malgré la «Spzialoperation». Mais il souligne aussi les signes de tension intérieure — inflation, difficultés des voyages à l’étranger, hausse des taux et problèmes hypothécaires — et s’interroge sur la durée de ce consensus.

    Gipfel Alaska | Poutine | Donald Trump | Russie | Ukraine | Alaska | Trump | Sommet | France
    source:https://www.tagesanzeiger.ch/russland-kenner-gipfel-in-alaska-war-ein-geschenk-fuer-putin-519341770916

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