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    Hamas relâchera-t-elle les prisonniers israéliens sans conditions

    Hamas relâchera-t-elle les prisonniers israéliens sans conditions?

    Dans ses dernières déclarations, le président américain Joe Biden a affirmé : « Un cessez-le-feu pourrait être conclu demain, dans la guerre en cours entre Entité sioniste et le Hamas… si le mouvement libère les otages qu’il retient dans la bande de Gaza. » Comme s’il demandait à Hamas de libérer les détenus israéliens sans aucune condition.

    Quoique Biden ait joué sur les mots et ait présenté de manière erronée l’agression israélienne contre le peuple palestinien dans la bande de Gaza comme une guerre entre Entité sioniste et le Hamas, il est apparu comme si les bases mêmes de la politique lui échappaient, alors qu’il a passé des décennies (82 ans) dans cet univers depuis son élection au Sénat en 1972.

    Cette déclaration intervient simultanément à l’offensive israélienne sur Rafah; Biden pense que l’armée d’occupation pourrait réussir là où elle a échoué au cours des 220 jours de guerre sur Gaza. Cependant, les informations en provenance de Gaza, tant au nord qu’au sud (Rafah), montrent une résistance plus acharnée, infligeant de lourdes pertes à l’occupation : (23 chars, véhicules, bulldozers, et des dizaines de tués et blessés rien que le lundi dernier).

    Gains par les concessions

    Dans les guerres – comme dans le cas de Gaza -, les parties belligérantes parviennent, par la négociation, à des solutions politiques qui reflètent la force militaire sur le terrain. Il existe trois cas dans de telles guerres :

    • Premièrement, le vainqueur militaire peut obtenir les concessions requises du côté « vaincu » en déclarant sa reddition explicitement ou implicitement (dans la Première Guerre mondiale de 1914 à 1918, les alliés ont imposé leurs conditions à l’Allemagne vaincue sous forme d’armistice).
    • Deuxièmement, la guerre peut épuiser l’un des deux camps à tel point qu’il n’a d’autre choix que de céder aux conditions, même humiliantes, pour éviter davantage de pertes.

    La désillusion politique

    Troisièmement, si les politiciens d’un des deux camps manquent de volonté, de compétence et de manœuvre, ils pourraient dilapider les gains militaires de leurs forces. Comme l’a exprimé le journaliste Mohamed Hassanein Heikal (1923-2016) dans l’un de ses livres (Octobre 73 : l’arme et la politique), la « politique » a déçu l’arme lors de la guerre d’Octobre 1973, n’ayant pas su capitaliser sur la victoire de l’armée égyptienne contre Entité sioniste.

    Revenons à la déclaration de Biden appelant Hamas à libérer les « otages ». Elle révèle l’incapacité de l’administration américaine à faire pression sur Entité sioniste pour accepter un échange. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu persiste avec ses assauts sur Rafah dans l’espoir de réussir là où il a échoué face à la résistante robuste palestinienne.

    Biden et les désirs de Netanyahu

    Le secrétaire d’État américain Anthony Blinken a répété tout au long de ces mois de guerre « la dernière déclaration de Biden » sous différentes formes, appelant « Hamas » à se rendre, libérer les détenus israéliens et quitter Gaza. Ces appels américains ne sont que des injonctions israéliennes par la voix américaine, répercutant les objectifs de Netanyahu, que son armée n’a pas réussi à atteindre.

    Mais… est-il possible que Hamas libère les détenus israéliens sans condition, après avoir épuisé l’armée israélienne et terni sa réputation militaire ? Peut-elle se soumettre aux exigences de Netanyahu, qui souhaite récupérer ses détenus sans mettre fin à son agression ni libérer les prisonniers palestiniens ? Peut-elle renoncer à ses armes et quitter Gaza, répétant le scénario du départ de Yasser Arafat et ses compagnons du Liban en 1982 ?

    Le dilemme de l’administration américaine

    Le dilemme de l’administration américaine réside dans son implication directe dans la guerre à Gaza, tout en étant consciente des pertes de l’armée israélienne en soldats et en matériel, et de l’impossibilité d’atteindre les objectifs de Netanyahu. De plus, les familles des soldats israéliens manifestent pour la fin de la guerre, craignant pour la vie de leurs fils, alors que le nombre des militaires tués augmente chaque jour. Les manifestations des familles des détenus chez Hamas augmentent aussi, exacerbant la division interne qui mine toute armée en guerre, tandis que la résistance continue à infliger de lourdes pertes.

    Carte maîtresse

    Ainsi, l’administration américaine exerce une pression politique maximale, de différentes manières, sur Hamas pour le forcer à se rendre et à satisfaire les exigences de Netanyahu, permettant à Entité sioniste de revendiquer une victoire. Encore une fois, Hamas pourrait-il se rendre et libérer les prisonniers israéliens sans contrepartie, suivant les illusions de Biden et les désirs de Netanyahu ? Certainement pas… ces prisonniers sont la carte maîtresse de la résistance, même s’ils deviennent des cadavres. Les précédents montrent qu’Entité sioniste n’a pas réussi, dans ses nombreuses guerres à Gaza et au Liban, à libérer ses détenus ou récupérer leurs corps sans un accord négocié.

    Abou Obeida et Izz al-Din al-Qassam

    La reddition n’est pas une option pour la résistance palestinienne. Leur slogan, fondé sur une foi et une conviction inébranlables, est la victoire ou le martyr pour Dieu. C’est ce que répète Abou Obeida, le porte-parole de la branche militaire de Hamas (les Brigades Izz al-Din al-Qassam) : « C’est un jihad… une victoire ou un martyr ».

    Les Brigades Izz al-Din al-Qassam portent le nom du martyr syrien Sheikh Izz al-Din al-Qassam (né en 1882), qui a rassemblé les combattants pour lutter contre l’occupation britannique en Palestine. Il est tombé en martyr avec dix hommes après de longues heures de combat contre les Britanniques en novembre 1935. Sheikh al-Qassam a été assiégé dans un village palestinien et les Britanniques ont échoué à le convaincre ou à le forcer à se rendre, noyant finalement le groupe de balles. Leur slogan était : « C’est un jihad… une victoire ou un martyr », que les factions de la résistance adoptent comme leur devise.

    Il n’est pas dans la nature de la résistance palestinienne de se rendre. Elle combattra jusqu’à la fin ; victoire ou martyr.

    Que Dieu accorde la victoire, si Dieu le veut.

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