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    Imamoglu déclare la guerre à Aksener, profit pour AKP ?

    Au cours des élections présidentielles turques de 2018, Meral Aksener a fait l’objet d’une attention mondiale, bien qu’étant déjà connue sur la scène politique intérieure, comme l’une des principales candidates face à Erdogan. Elle venait juste de fonder son nouveau parti, le « Bon Parti », se détachant du « Parti d’action nationaliste » en octobre 2017.

    Les médias internationaux l’ont alors surnommée « la dame de fer », nourrissant l’espoir de la voir réussir à évincer Erdogan du leadership de la Turquie. Néanmoins, elle a déçu ces attentes en ne recueillant que près de 7 % des voix !

    Cela ne l’a toutefois pas empêchée de conserver la présidence de son parti et de rester une figure importante sur l’échiquier politique turc. Aksener, avec une expérience politique substantielle, a su se maintenir comme une figure majeure dans les préoccupations de l’opinion publique turque. Dotée d’une personnalité forte et tenace, elle a souvent pêché par des erreurs de calcul politique et sort victorieuse de nombreuses batailles.

    En mars dernier, elle a annoncé de manière surprenante son retrait de la table sextuple pour protester contre la candidature de Kemal Kilicdaroglu, alors président du Parti républicain du peuple, à la présidentielle.

    Elle a qualifié la table de ne plus être représentative de la volonté du peuple et a tenté de convaincre l’un des maires d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, ou d’Ankara, Mansur Yavas, de se présenter, mais sans succès. Quelques jours plus tard, elle est retournée à la table, mais cet épisode a laissé une empreinte négative dans l’opinion publique, bien exploitée par Erdogan par la suite.

    Aujourd’hui, elle réitère, bien que différemment, puisque la bataille se joue désormais entre elle et Ekrem Imamoglu, qui était auparavant considéré comme un « frère ». Ce conflit a éclaté à la marge d’une rupture dans l’alliance entre son parti et le « Parti du peuple républicain », allié de la veille.

    Qu’est-il donc arrivé ? Et quel impact cela aura-t-il sur les élections municipales prévues pour la fin mars ?

    Déclaration de guerre

    Avec une franchise indéniable, Meral Aksener déclare : « Ce qu’a fait Ekrem Imamoglu, je le vois comme une déclaration de guerre, et je suis d’accord avec ça ».

    L’affaire a commencé lorsque le « Bon Parti » a pris sa décision de se présenter seul aux élections municipales, et non au sein de l' »Alliance nationale » qui le liait au « Parti populaire républicain » et à d’autres partis.

    Et Aksener l’annonce clairement : « Nous entrerons dans les élections par nous-mêmes, et nous concourrons seuls partout. À Istanbul et Ankara inclus ».

    Néanmoins, cette décision n’a pas été bien accueillie par certains dirigeants du parti. Ibrahim Ozkan, vice-président du groupe parlementaire du « Bon Parti » à la municipalité d’Istanbul, a démissionné, en opposition à cette décision. Il croit qu’il est possible, du moins, de maintenir l’alliance à Istanbul et Ankara spécifiquement, pour éviter leur retour dans le giron du parti « Justice et Développement » (AKP).

    La surprise fut le réélection d’Ozkan, amenant le parti à renvoyer à la commission de discipline les membres qui l’avaient choisi, qui ont par la suite rendu leur carte de parti.

    De son côté, Aksener considère que Ekrem Imamoglu est derrière ces démissions, les encourageant et les soutenant, décrivant les événements comme une « déclaration de guerre » et une « intrusion dans les affaires internes du parti ».

    Elle a saisi l’opportunité pour rappeler à l’opinion publique qu’elle avait tenté de convaincre Imamoglu et Yavas de se présenter à la présidence au lieu de Kilicdaroglu, mais ceux-ci, selon ses propres termes, « étaient effrayés et n’ont pas accepté, ne répondant pas aux attentes de la nation »!

    Ekrem Imamoglu a rapidement qualifié les événements de « nouveau jeu », disant que « certains amis sont trompés, et parfois ils peuvent prononcer des phrases qui dépassent leurs limites ».

    Il convient de rappeler qu’Imamoglu a souvent décrit sa relation avec Kilicdaroglu comme celle « d’un père et de son fils », mais a néanmoins joué un rôle clé dans sa destitution de la présidence du « Parti populaire républicain », au profit d’Ozgur Ozel.

    Fragmentation et faiblesse

    La fragmentation et la faiblesse des partis turcs est symptomatique de la scène politique en général. Il y a des partis qui, à leur apogée, occupaient le devant de la scène et parvenaient à prendre le pouvoir, mais qui, avec le temps, se sont considérablement affaiblis, comme le « Parti de la mère patrie » fondé par Turgut Ozal, qui a gouverné le pays pendant un temps non négligeable.

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