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    Manifestations du 18 septembre : un mouvement sans revendication claire

    France

    Les manifestations 18 septembre ont rassemblé, selon les autorités, 55 000 personnes à Paris lors d’une mobilisation France marquée par l’absence d’une revendication claire, une atmosphère mêlant familles, retraités, syndicats et groupes radicaux, et une colère contre Macron très affichée dans le cortège.

    Manifestations 18 septembre : cortège pluriel et revendications éclatées

    Sur la place de la Bastille, peu avant 14 h et à quelques pas d’une fanfare de la CFDT, une femme pose pour une photo en tenant une pancarte où l’on peut lire : « C’est tellement la merde qu’on ne sait plus quoi écrire ! ! ! Macron démission ». Cette scène illustre le caractère hétérogène du rassemblement : contrairement aux mouvements précédents — les Gilets jaunes autour de la « taxe carbone », les opposants à la réforme des retraites sur le report de l’âge légal à 64 ans, ou l’action des militants « Bloquons tout » —, cette manifestation n’affiche pas d’objectif unique ou de mot d’ordre structurant.

    On entend pêle‑mêle des revendications classiques pour une augmentation des salaires et des appels à « libérer la Palestine ». Le principe d’« intersectionnalité des luttes » se fait sentir : « Je trouve qu’on brouille le message qu’on veut envoyer. Il faudrait qu’on ait un mot d’ordre clair », confie Michelle à son voisin, qui répond : « Il faut que personne ne se sente exclue… »

    À la Bastille et sur le boulevard Voltaire : profils des manifestants et incidents

    L’ambiance différait de celle du 10 septembre, où de petits groupes de jeunes menaient des actions-coup de poing et tentaient d’« échapper aux poulets ». Le 18 septembre a pris majoritairement la forme d’une manifestation classique, malgré quelques tentatives de blocage matinales rapidement dispersées.

    Le cortège mêlait des jeunes antifascistes, mais aussi des retraités et des familles avec enfants. Fatiha, retraitée et encartée à la CGT depuis plus de 30 ans, dit ne toucher que 1 100 € par mois : « Je me bats pour moi, mais aussi pour mes enfants et mes petits‑enfants. Il faut continuer à mettre la pression, instaurer un vrai rapport de force avec le pouvoir », ajoute‑t‑elle, avant de conclure, dépitée : « Mais on n’est jamais écoutés. »

    Plus loin, Marie‑Jo et Houria, enseignantes, insistent : « Il faut que ça bouge. Ce n’est pas uniquement Macron. On en a ras‑le‑bol de tous les politiques, de leurs privilèges. »

    Alors que le précortège progressait sur le boulevard Voltaire vers la mairie du 11ᵉ arrondissement, quelques dizaines de policiers ont été visés par des jets de projectiles. Après sommations, les forces de l’ordre ont chargé et procédé à des interpellations. La fin de la manifestation a été marquée par des affrontements réguliers, au grand dam des organisations syndicales ; en approchant de Nation, de nombreuses poubelles brûlaient et des abribus étaient cassés.

    « C’est lamentable, » regrette Kevin, l’un des seuls qui ne crie pas sa haine des policiers. « Les services d’ordre devraient pouvoir dégager ces types. »

    Opposition au pouvoir et slogans virulents

    La colère se concentre largement contre Emmanuel Macron, dont l’impopularité est fortement visible dans le cortège. Des slogans et des pancartes expriment une hostilité directe : « Macron, fumier, on va te composter », entonnent des jeunes ; sur une pancarte, on pouvait lire : « Macron, prends tes ministres fascistes, racistes, sionnistes (sic) et pédophiles et casse‑toi ». Certains manifestants brandissaient une miniguillotine ou la tête du chef de l’État comme un trophée, des images rappelant des épisodes du mouvement des Gilets jaunes.

    Le Premier ministre récemment nommé, Sébastien Lecornu, reste peu cité dans les pancartes du cortège. Il a annoncé la suppression des avantages « à vie » des anciens ministres à partir du 1er janvier 2026, et a renoncé à la suppression de deux jours fériés proposée par son prédécesseur ; ces gestes semblent toutefois peu perçus par une partie des manifestants.

    Organisation syndicale et division du cortège

    Comme dans d’autres villes, le cortège s’est scindé : à l’arrière, les syndicats défilaient dans une ambiance plutôt festive ; à l’avant, des groupes radicaux se tenaient prêts à la confrontation. Les organisations syndicales tentaient de maintenir un espace de dialogue et de rassemblement, tandis que la présence de militants violents a alimenté les tensions avec les forces de l’ordre.

    Le 18 septembre illustre une mobilisation France dont la diversité des profils et des revendications complique l’émergence d’un message unifié, et où la colère contre Macron reste un point de convergence puissant, malgré l’absence d’une revendication précise susceptible de structurer durablement le mouvement.

    Manifestations Septembre | Mobilisation France | Colère Contre Macron | Manifestations | France | Politique | Mobilisation | Colère
    source:https://www.lepoint.fr/societe/manifestations-du-18-septembre-une-mobilisation-qui-tranche-avec-celle-du-10-septembre-18-09-2025-2598986_23.php

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