Le procès dans l’affaire des assistants parlementaires du RN s’ouvre ce mardi 13 janvier 2026 devant la cour d’appel de Paris pour six semaines. Douze cadres du parti d’extrême droite, et la formation elle‑même, doivent répondre de détournements de fonds publics européens. Parmi eux, Marine Le Pen et Louis Aliot, maire de Perpignan, sont au cœur des enjeux pour leur avenir politique.
Le procès se poursuit sur fond d’accusations visant la mise en place d’un système organisé visant à détourner les indemnités versées par l’Union européenne à chaque député (21 000 euros par mois) pour rémunérer des assistants parlementaires et financer le Front national, en difficulté financière à l’époque. Le préjudice évoqué est estimé à près de 3 millions d’euros.
En première instance, Marine Le Pen avait été condamnée à 4 ans d’emprisonnement dont 2 avec sursis, à 100 000 euros d’amende et à 5 ans d’inéligibilité assortis d’une exécution provisoire après avoir campé sur ses dénégations. Cette éventualité pourrait‑elle se confirmer et compromettre sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 ?
Le délibéré prononcé au début de l’été porte sur le contrat de l’ancien assistant de l’élu, Laurent Salles, et sur les explications de Louis Aliot, qui avait soutenu que le collaborateur était chargé du tri du courrier, de la réception des appels et des photocopies. Or les investigations n’auraient retrouvé trace que d’un seul SMS échangé entre les deux hommes pour une rémunération totale de 41 000 euros. Laurent Salles, qui s’est donné la mort l’été dernier dans les locaux du siège parisien du RN, avait reconnu devant les enquêteurs avoir appris après coup être rattaché au service de l’élu catalan. Il s’était finalement muré dans le silence et n’avait pas fait appel de sa condamnation.
Contrairement à Louis Aliot, qui a déposé un recours contre le jugement prononcé à son encontre à hauteur de 18 mois d’emprisonnement dont 12 mois avec sursis (la partie ferme devant être exécutée sous bracelet électronique), il n’avait pas été frappé par l’exécution provisoire comme le parquet l’avait réclamé. En parallèle, il avait reçu une amende de 8 000 euros et une peine d’inéligibilité de trois ans.
À deux mois des élections municipales, le maire de Perpignan, candidat à sa réélection, pourrait‑il modifier sa stratégie lors de son audition à la barre le jeudi 15 janvier ? Louis Aliot a en tout cas changé de conseil. Me Aurélia Grignon a été désignée pour l’assister et agit comme seule interlocutrice. L’avocate parisienne, reconnue pour traiter des dossiers hors normes, réserve ses explications pour les magistrats. L’enjeu est lourd: si son inéligibilité est confirmée, ou aggravée par une exécution provisoire, il pourrait être contraint d’abandonner immédiatement ses mandats locaux.