À l’arrêt du tabac, le corps s’adapte et les premiers jours peuvent s’accompagner de symptômes transitoires. Toux, crachats et mucus apparemment abondant apparaissent après l’arrêt et peuvent inquiéter les nouveaux ex-fumeurs; ils signalent toutefois le retour progressif des voies respiratoires à leur fonctionnement normal.
À l’arrêt, des symptômes transitoires après le sevrage

Selon le Pr Jacques Cornuz, « Cela n’est cependant pas un passage obligé, je dirais même que c’est plutôt rare, aux alentours de 5 à 10 % des personnes en processus d’arrêt du tabagisme ». Il précise que ces manifestations — toux et crachats — peuvent durer deux à trois semaines et reflètent un déséquilibre transitoire entre la fin de l’exposition à la fumée et l’évolution du tractus respiratoire.
« À ma connaissance, il n’y a pas d’explication solide », répond le médecin interniste et tabacologue.
Un signe physiologique plutôt encourageant ?
Selon Tabac Info service, « Depuis votre arrêt total du tabac, votre sphère ORL (bouche, nez, gorge…) et vos poumons recommencent à fonctionner normalement. Pendant ces « travaux de rénovation », il y a une sécrétion plus importante de mucus qui peut s’accumuler et provoquer des glaires. Si elles n’ont pas de couleur particulière et ne contiennent pas de sang coagulé, ce n’est pas alarmant. »
Au contraire, ces désagréments montrent que dans les bronches, tout revient à la normale. La toux et les crachats prouvent que les cils vibratiles qui tapissent la gorge et les cellules qui tapissent les bronches (l’épithélium bronchique) se remettent à faire leur travail et évacuent les déchets ; ce qu’ils ne pouvaient plus effectuer correctement lorsque la personne fumait.
On parle en langage médical de reprise de la clairance mucociliaire, et d’augmentation transitoire de la toux et des expectorations après l’arrêt du tabac.
Les médecins connaissent bien cette hyperréactivité bronchique post-sevrage. Elle correspond à la sensation d’irritation des bronches, provoquée par le passage incessant de fumée de tabac pendant les années de tabagisme.
Les bronches mettent un certain temps à évacuer les résidus de fumée et, durant cette période, restent irritées, gonflées et très sensibles.
Pour limiter ces désagréments, pas de remèdes miracle : patienter et s’aider de petites astuces comme boire beaucoup d’eau, pratiquer une activité physique et des exercices de respiration.
Si néanmoins ces symptômes persistent et vous gênent dans votre quotidien, n’hésitez pas à consulter votre médecin traitant.
À noter : que penser des affirmations d’anciens fumeurs qui mettent en relation leur récent sevrage tabagique et la survenue d’infections bronchiques ?
« Jusqu’à preuve du contraire, une éventuelle infection virale respiratoire est fortuite », commente Jacques Cornuz.
Mais attention, si la personne contracte des infections pulmonaires difficiles à traiter et répétées, « cela doit l’inciter à consulter ».
Sources : Interview du Pr Jacques Cornuz (10/12/25) ; Tabac Info service (consulté le 11/12/25) ; La broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) et l’emphysème par Santé respiratoire France (consulté le 11/12/25).
