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    Procès de Frédéric Péchier : un anesthésiste accusé d’empoisonnements à Besançon

    France

    Ce lundi 15 septembre, le procès Frédéric Péchier reprend pour une deuxième semaine à la cour d’assises du Doubs : l’ancien anesthésiste est soupçonné d’avoir empoisonné 30 personnes, dont 12 mortellement, entre 2008 et 2017 dans deux cliniques privées de Besançon.

    Au procès Frédéric Péchier, 6e jour d’audience à Besançon le 15 septembre

    La salle historique du parlement, réaménagée pour le procès, s’est peu à peu remplie dès le matin. L’audience devait débuter à 9h ; à 8h57 la cloche a retenti et le public s’est levé pendant l’installation de la cour. Frédéric Péchier, installé à sa table, a été décrit comme calme, prenant un café en attendant l’ouverture des débats.

    La journée devait être consacrée aux dépositions des équipes médicales présentes lors des interventions de Sandra Simard et Jean‑Claude Gandon, victimes présumées. Valérie Fakhoury, directrice de la Clinique Saint‑Vincent entre 2008 et 2020, s’est installée à la barre et a répondu aux questions du ministère public, des avocats des parties civiles et de la défense. Elle s’est également constituée partie civile.

    Déclarations et témoignages clés du matin

    Lors de son audition, Valérie Fakhoury a été interrogée par l’avocate générale sur l’apparition de nouveaux EIG après la mise en examen du docteur Péchier. Elle a répondu : “Il y a eu des EIG, on en a surdéclaré pour qu’on ne puisse pas dire qu’on avait loupé quelque chose, mais rien ne s’est rien produit de comparable avec ce qui avait pu exister. Aucun qui n’ait porté préjudice aux patients. Aucun n’a été de la nature de ceux que nous étudions aujourd’hui », explique la directrice, qui précise, avec une certaine pudeur que cette affaire a été très difficile à vivre pour elle mais aussi pour sa famille.

    Interrogée sur l’ambiance à la clinique après la mise en examen, elle a raconté l’annonce faite au bloc opératoire : “D’emblée, il y a eu des réactions vives de certaines personnes, en disant ‘C’est pas possible, c’est n’importe quoi’. Cela a été assez dur”, se souvient‑elle. “La nouvelle a essaimé, logiquement, et là il y a eu des personnes qui n’ont pas voulu y croire. Certains ont dit que j’avais vendu monsieur Péchier pour garder la clinique ouverte, etc…”. Elle a ajouté que « le choc psychologique a été majeur » pour les équipes soignantes et qu’une cellule psychologique avait été mise en place. Une scission est vite apparue parmi les anesthésistes, entre les partisans et les opposants de M. Péchier.

    À une question de l’avocate générale Thérèse Brunisso au sujet d’une conversation téléphonique entre M. Péchier et la directrice, Valérie Fakhoury a déclaré : « C’était un peu étrange comme conversation. J’avais le sentiment que le docteur Péchier ne disait pas tout ». Elle a précisé : « On n’était pas dans la démarche de divulguer ce qu’il s’était passé, mais de renforcer la sécurité, s’assurer que chacun soit vigilant, dans un contexte qui était quand même très complexe ».

    Vendredi précédent, la journée d’audience avait été marquée par plusieurs dépositions de personnels soignants ; la directrice avait alors clôturé la séance avant la suspension du week‑end. L’accusé, visiblement frustré de rester silencieux sur les pratiques de réanimation discutées en audience, avait déclaré au micro de France 3 Franche‑Comté : « Si j’en ai la possibilité, j’aimerais bien pouvoir m’exprimer avant trois semaines. C’est long”.

    Dates clés et étapes judiciaires de l’affaire (2008–2025)

    L’instruction et les poursuites ont connu plusieurs étapes importantes depuis les faits présumés. Voici la chronologie des moments cités à l’audience :

    • 11 janvier 2017 : une femme de 36 ans fait un arrêt cardiaque inexpliqué à la Clinique Saint‑Vincent à Besançon alors qu’elle est opérée.
    • 20 janvier 2017 : un nouveau malaise cardiaque inexpliqué se produit dans la même clinique. Des fortes quantités de potassium ou d’anesthésique, à dose létale, sont retrouvées dans les poches d’anesthésie des deux patients.
    • 6 mars 2017 : Frédéric Péchier est placé en garde à vue et mis en examen pour « empoisonnements avec préméditation » sur sept patients, dont deux sont morts entre 2008 et 2017. Il clame son innocence.
    • Décembre 2017 : les corps de quatre personnes dont les morts sont suspectes sont exhumés pour analyses.
    • 17 mai 2019 : le docteur Péchier est mis en examen pour 17 nouveaux événements indésirables graves (EIG). Il clame toujours son innocence. Il n’a plus le droit de paraître dans le Doubs et ne peut plus exercer son métier.
    • 1er octobre 2021 : Frédéric Péchier fait une tentative de suicide en se défenestrant du premier étage.
    • 27 septembre 2022 : les soupçons concernent désormais 32 patients qui auraient été empoisonnés, dont 13 mortellement.
    • 22 mars 2023 : Frédéric Péchier est mis en examen pour 30 cas, dont 12 mortels.
    • 5 août 2024 : le médecin anesthésiste est renvoyé devant la cour d’assises du Doubs pour 30 empoisonnements, dont 12 mortels.
    • 8 septembre 2025 : ouverture du procès devant la cour d’assises du Doubs. Le procès doit durer 15 semaines, du 8 septembre au 19 décembre 2025.

    Les enquêteurs attribuent à M. Péchier la responsabilité de 30 cas étudiés, dont 12 décès. Ils relèvent des arrêts cardiaques survenus chez des patients sans fragilités particulières pendant des interventions chirurgicales. Selon les investigations citées en audience, l’anesthésiste, décrit par certains pairs comme très investi, est soupçonné d’avoir provoqué ces incidents pour mettre en avant ses qualités de réanimateur et, selon l’accusation, nuire à des collègues avec lesquels il était en conflit.

    Frédéric Péchier, qui comparaît libre et sous contrôle judiciaire, nie fermement les faits. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité si sa culpabilité est retenue.

    Procès Frédéric Péchier | Justice | Procès | Santé | Besançon | Empoisonnement | France
    source:https://www.franceinfo.fr/france/bourgogne-franche-comte/direct-proces-de-frederic-pechier-l-anesthesiste-soupconne-d-empoisonnements-suivez-les-temps-forts-du-6e-jour-d-audience_7493119.html#xtor=RSS-3-%5Blestitres%5D

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