Thierry Mandon, ancien secrétaire d’État socialiste, est convoqué ce lundi 28 octobre devant la justice pour des accusations d’escroqueries et de tentative de détournement de biens publics, liées à son ancien poste de directeur général de la Cité du design de Saint-Étienne. Initialement prévu le 20 juin, son procès avait été reporté à sa demande pour des raisons médicales. Il devra également faire face à des charges de faux et usage de faux en écriture ainsi qu’à des abus de biens sociaux, suite à l’enquête menée par le parquet.
Carrière à la Cité du design
Âgé de 66 ans, Thierry Mandon a été nommé en 2018 à la direction de la Cité du design, un Établissement public de coopération culturelle (EPCC) inauguré en 2009, dédié à l’art et à la recherche. Il a présenté sa démission en octobre 2022, invoquant des raisons personnelles, alors que l’établissement traversait des difficultés financières. En novembre 2022, Marc Chassaubéné, président de la Cité du design et adjoint à la culture de Saint-Étienne, a signalé à la justice que Mandon aurait présenté un budget insincère et qu’il aurait détourné des fonds via des fausses factures et attestations.
Enquête et garde à vue
Suite à ce signalement, une enquête a été ouverte. Thierry Mandon a été placé en garde à vue les 13 et 14 juin 2023, durant laquelle il a partiellement reconnu les faits, évoquant des erreurs et négligences. Il a également remboursé environ 28 000 euros à la SAS Cité Services, la filiale commerciale de l’EPCC, qui a été liquidée l’été dernier.
Risques encourus et implications
La Cité du design, en tant que partie civile, estime qu’il y a eu préméditation dans les actes de M. Mandon. Il risque jusqu’à dix ans d’emprisonnement et un million d’euros d’amende pour la tentative de détournement de biens publics.
Ancien secrétaire d’État à la Réforme de l’État et à la simplification de 2014 à 2015, puis à l’Enseignement supérieur et à la recherche de 2015 à 2017 sous François Hollande, Thierry Mandon a également dirigé le magazine éphémère Ebdo en 2018. Depuis juin 2023, il occupe le poste de secrétaire général du Conseil national du commerce, présidé par le chef du gouvernement.