Les syndicats demandent à Viola Amherd de ne pas conclure les négociations avec Bruxelles trop rapidement. Les préparatifs pour la visite de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à Berne sont déjà en cours. Bien que la rencontre ne soit pas encore confirmée, les signes indiquent que la présidente suisse et la dirigeante européenne souhaitent se rencontrer. Après de longues négociations, le nouveau contrat entre l’UE et la Suisse semble enfin prêt.
Une lettre préoccupante des syndicats
Cependant, Pierre-Yves Maillard, le leader syndical, a perturbé ces plans. En début de semaine, il a adressé un courrier au gouvernement suisse, soulignant la nécessité d’une nouvelle ronde de négociations. Dans ce courrier, il exprime son inquiétude concernant le manque de solutions sur les questions de protection des salaires dans les projets de contrat. « Nous constatons avec une grande inquiétude que les problèmes de protection des salaires n’ont pas été résolus lors des précédentes négociations », indique le document.
Un appel à la négociation
Maillard et le syndicat exhortent la présidente Amherd à ne pas se contenter d’une poignée de main lors de la rencontre, mais à poursuivre les discussions. Cette approche pourrait provoquer des tensions, car il est peu probable que von der Leyen veuille s’engager dans de nouvelles discussions substantielles lors de sa visite. Maillard souligne que le gouvernement suisse n’a pas encore mené de négociations lui-même, ce qui rend nécessaire une dernière round pour résoudre les problèmes restants.
Critiques sur les répercussions du nouveau contrat
Les syndicats critiquent le projet de contrat en cours de négociation, le qualifiant de « sensible dégradation » pour la Suisse. L’un de leurs principaux sujets de préoccupation est la volonté de l’UE d’imposer une règle sur les frais de déplacement, qui pourrait nuire aux travailleurs suisses. Selon cette règle, une entreprise polonaise envoyant des employés en Suisse ne serait tenue de respecter que les barèmes polonais pour le logement et la nourriture, qui sont inférieurs à ceux en vigueur en Suisse. Cela pourrait entraîner des conditions de travail inacceptables pour les travailleurs suisses.
Soutien inattendu des secteurs privés
Le président de l’Association des entrepreneurs suisses, Fabio Regazzi, a également exprimé son soutien aux syndicats sur cette question des frais. Il souligne que les entreprises suisses doivent être compétitives et que le respect des barèmes suisses pour les frais doit être une évidence. Regazzi souligne que cette réglementation pourrait fausser la concurrence et nuire aux PME suisses.
Une ambiance tendue à Berne
À l’approche de la visite de von der Leyen, l’atmosphère à Berne est tendue. Beaucoup estiment que le moment n’est pas propice pour conclure les négociations. Thierry Burkart, président du Parti libéral-radical, avertit que la précipitation dans les discussions pourrait nuire à la qualité des résultats. Cédric Wermuth, coprésident du Parti socialiste, attend de voir le package global que le Conseil fédéral présentera avant de se prononcer.
Un moment clé pour Viola Amherd
Pour Viola Amherd, cette rencontre avec von der Leyen représente un point culminant de sa présidence, alors qu’elle s’apprête à quitter son poste. Toutefois, la réponse des syndicats et leur demande de nouvelles négociations mettent une pression supplémentaire sur la dirigeante. Philipp Matthias Bregy, chef de groupe au sein du parti du centre, s’interroge sur cette approche des syndicats, qualifiant leur lettre de manœuvre tactique.
Alors que la date de la rencontre approche, les tensions à Berne se font de plus en plus palpables, laissant présager un événement aussi important que délicat.
