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Canicule : qui sont les personnes les plus à risque face à la chaleur ?

Canicule : qui sont les personnes les plus à risque face à la chaleur ?

Par charles 3 min de lecture

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Encore 5 départements ont été placés en vigilance rouge canicule par Météo-France, et 70 en vigilance orange. Dans certains villages, notamment en Ardèche et dans l’Aveyron, le thermomètre a même dépassé les 40 °C. Dans ce contexte de chaleur extrême, la vigilance s’impose, car nous ne réagissons pas tous de la même manière face aux fortes températures.

Le corps humain dispose de deux grands mécanismes pour maintenir sa température autour de 37 °C : la vasodilatation et la transpiration. Lorsque ces systèmes fonctionnent mal, le risque de déshydratation ou de coup de chaleur augmente fortement, avec des conséquences potentiellement graves.

La vasodilatation, un réflexe essentiel pour évacuer la chaleur

Quand l’organisme commence à surchauffer, il tente de rejeter la chaleur vers l’extérieur grâce aux vaisseaux sanguins situés juste sous la peau. En se dilatant, ces petits vaisseaux permettent au sang de se refroidir plus facilement : c’est le principe de la vasodilatation.

Selon l’Assurance maladie, ce mécanisme accentue l’effet de refroidissement lorsque la température grimpe. Mais il ne fonctionne pas toujours de façon optimale. Le docteur Bruno Megarbane, chef de service réanimateur à Paris, rappelle que ce phénomène peut dysfonctionner chez certains individus, ce qui crée une prédisposition aux coups de chaleur en période de canicule.

Le surpoids complique aussi cette régulation. Comme le souligne le médecin Jean-Marc Sène, « si on a un peu de gras, c’est un isolant qui empêche évidemment la dissipation » de la chaleur. L’organisme a alors davantage de difficultés à se refroidir efficacement.

La transpiration, une autre défense contre la chaleur

La sudation joue elle aussi un rôle majeur dans la protection contre la chaleur. Lorsque la sueur s’évapore à la surface de la peau, elle emporte une partie de la chaleur corporelle et contribue à faire baisser la température du corps.

Les femmes auraient tendance à moins transpirer, ce qui les rendrait plus vulnérables lors d’un épisode caniculaire. Leur peau serait généralement plus froide que celle des hommes, ce qui limiterait la transpiration. Le Dr Gérald Kierzek rappelle que « l’évapo-transpiration est un phénomène proportionnel à la surface cutanée, c’est la clé du refroidissement de notre organisme ».

Le médecin urgentiste ajoute que la surface corporelle des femmes étant plus petite, cela pourrait expliquer leur difficulté à se refroidir. Cette hypothèse pourrait aussi éclairer les résultats d’une étude néerlandaise publiée en 2018 dans Occupational and Environmental Health, selon laquelle les femmes meurent davantage que les hommes en cas de canicule.

Les personnes âgées, particulièrement exposées

Les personnes âgées font également partie des groupes les plus à risque face à la chaleur. Selon le docteur Richard Handschuh, elles ressentent très peu la chaleur et transpirent donc peu, ce qui favorise une hausse de la température globale de leur organisme.

Cette moindre perception de la chaleur peut retarder les réactions de protection, comme l’hydratation ou la mise à l’abri dans un endroit frais. En période de canicule, cette absence de signal d’alerte augmente le risque de complications.

Les médicaments qui peuvent aggraver les effets de la canicule

Certains traitements peuvent aussi rendre l’organisme plus vulnérable. Le docteur Bruno Megarbane cite notamment les neuroleptiques, les antidépresseurs et les antiparkinsoniens, qui peuvent bloquer la sudation et gêner la régulation thermique.

L’Assurance maladie recense plusieurs médicaments susceptibles de majorer les effets de la canicule ou de perturber l’adaptation du corps à la chaleur :

  • L’aspirine, à partir de 500 mg par jour, peut perturber le fonctionnement des reins et dérégler la gestion de l’eau dans l’organisme ;
  • Les diurétiques peuvent accentuer la déshydratation en augmentant la production d’urine ;
  • Les neuroleptiques peuvent modifier la régulation thermique du corps ;
  • Les antimigraineux peuvent parfois empêcher la vasodilatation ou réduire la transpiration.

Les principaux profils les plus vulnérables face à la chaleur

En période de canicule, certaines personnes doivent redoubler d’attention, car leurs mécanismes de défense sont plus fragiles. Les profils les plus exposés sont notamment :

  • les personnes âgées ;
  • les personnes en surpoids ;
  • les femmes, selon certaines données physiologiques et études citées ;
  • les personnes sous traitement médicamenteux pouvant limiter la sudation ou la vasodilatation.

Dans ces situations, la vigilance doit être renforcée dès les premiers signes de malaise, de fatigue inhabituelle, de confusion ou de soif intense. Quand la chaleur devient extrême, l’équilibre du corps peut se rompre plus rapidement qu’on ne l’imagine.

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