Autrefois cause majeure de mortalité infantile, la coqueluche connaît une recrudescence en France. En 2024, entre 130 000 et 150 000 cas ont été recensés, adultes et enfants confondus, avec 42 décès, dont 20 chez des enfants de moins d’un an. Cette remontée s’explique notamment par une couverture vaccinale insuffisante et par un effet rebond après la période Covid-19, durant laquelle la maladie avait quasiment disparu grâce au confinement.
Coqueluche : définition et mécanisme de la maladie
La coqueluche est une maladie infectieuse des voies respiratoires provoquée par la bactérie Bordetella pertussis. Elle se manifeste par une toux violente et prolongée, parfois associée à des vomissements, à des difficultés respiratoires et, dans les formes les plus graves, à des complications neurologiques, en particulier chez les nourrissons.
Symptômes de la coqueluche : une évolution en trois phases
La maladie évolue classiquement en trois étapes successives, avec des symptômes qui changent au fil du temps. La première phase, dite catarrhale, dure une à deux semaines et ressemble à une rhinite banale, avec écoulement nasal, éternuements, toux légère et fièvre modérée.
Vient ensuite la phase paroxystique, qui s’étend généralement sur deux à six semaines. Elle se caractérise par des quintes de toux violentes, en salves, souvent suivies d’une inspiration bruyante rappelant le chant du coq. Chez le nourrisson, des apnées peuvent aussi survenir.
Enfin, la phase de convalescence voit la toux diminuer progressivement en fréquence et en intensité, même si elle peut persister plusieurs mois. C’est d’ailleurs pourquoi la coqueluche est surnommée la « toux des 100 jours ».
Diagnostic de la coqueluche : PCR et examen clinique
Le diagnostic repose sur l’examen clinique et sur une analyse PCR réalisée à partir d’un prélèvement nasopharyngé. Au stade catarrhal, la maladie peut facilement être confondue avec une infection respiratoire courante. Le diagnostic est le plus souvent évoqué au stade paroxystique, lorsque la toux caractéristique apparaît, surtout s’il existe des cas dans l’entourage.
Le Dr Jean-Claude Cornu, pneumologue, rappelle qu’il faut rester attentif au contexte : au début, les symptômes sont peu spécifiques, ce qui retarde souvent l’identification de la coqueluche.
Traitement de la coqueluche : quel antibiotique est prescrit ?
Le traitement repose sur la prise d’antibiotiques de la famille des macrolides, comme l’azithromycine ou la clarithromycine. Selon le Dr Jean-Claude Cornu, pour être efficace, cette antibiothérapie doit être instaurée le plus tôt possible dans l’évolution de la maladie.
Une prise en charge rapide permet non seulement de réduire la durée de contagiosité, mais aussi de limiter les complications et la transmission à l’entourage, en particulier aux nourrissons et aux personnes fragiles.
Cortisone et coqueluche : quelle efficacité réelle ?
Si l’antibiothérapie reste le traitement principal, certaines formes sévères peuvent conduire à envisager les corticoïdes. Le pneumologue souligne toutefois que les études disponibles sont très contradictoires sur ce point.
Une étude chinoise évoque un intérêt d’une corticothérapie précoce dans les formes graves, administrée pendant cinq à sept jours à faible dose, sans dépasser 40 mg par jour chez l’adulte. Toutefois, aucune garantie de résultats probants n’est apportée. En revanche, la cortisone inhalée pourrait avoir un effet bénéfique sur la toux et la diminution des apnées, notamment chez l’enfant.
Le Dr Jean-Claude Cornu insiste aussi sur un point essentiel : la corticothérapie possède un effet immunodépresseur et doit donc être évaluée au cas par cas.
Vaccination contre la coqueluche : les recommandations à connaître
La vaccination demeure le meilleur moyen de se protéger contre la coqueluche. Depuis 2022, la Haute autorité de santé recommande aux femmes enceintes de se faire vacciner entre le cinquième et le huitième mois de grossesse. L’objectif est de permettre à la future mère de transmettre suffisamment d’anticorps au bébé, afin de le protéger jusqu’à l’âge de deux mois, moment où sa propre vaccination peut débuter.
Si la mère n’a pas pu être vaccinée, il est essentiel que l’entourage proche du nourrisson soit immunisé. Cette approche, appelée stratégie du « cocooning », vise à créer un environnement protégé autour du bébé.
Le calendrier vaccinal français prévoit également un rappel du vaccin combiné diphtérie – tétanos – coqueluche – poliomyélite à l’âge de 25 ans, puis tous les vingt ans, à 45 ans et à 65 ans.