Le trouble obsessionnel compulsif (TOC) est une maladie psychique chronique touchant 2 à 3 % de la population mondiale. Il se manifeste par des obsessions et des compulsions qui peuvent apparaître simultanément ou séparément, générant anxiété et souffrance au quotidien. Des chercheurs suggèrent aujourd’hui qu’un nouveau facteur pourrait influencer le TOC: le microbiote intestinal pourrait intervenir dans l’apparition et l’évolution de ce trouble, renforçant ainsi l’axe intestin-cerveau.
Une étude menée par l’Université de médecine de Chongqing a analysé la composition du microbiote intestinal de 18 340 personnes et les facteurs génétiques associés au TOC chez 199 169 autres individus. En utilisant la méthode de randomisation mendélienne, les chercheurs ont identifié six types de bactéries et établi un lien entre certaines d’entre elles et le risque de développer un TOC.
Des « stratégies d’intervention potentielles »
Dans le détail, trois bactéries pourraient jouer un rôle protecteur: les Protéobactéries, les Ruminococcacées et Bilophila. À l’inverse, trois autres familles pourraient augmenter le risque: Bacillales, Eubacterium et Lachnospiracées UCG001.
« Notre analyse suggère que le microbiote intestinal spécifique pourrait avoir une relation causale avec le TOC, révélant des stratégies d’intervention potentielles pour la prévention et le traitement de ce trouble », concluent les chercheurs de l’Université de médecine de Chongqing.
Un lien entre l’intestin et le cerveau, renforcé par l’alimentation
L’axe intestin-cerveau est de plus en plus étudié: ce qui se passe dans le ventre influence directement la santé mentale. Pour soutenir cet équilibre, le régime méditerranéen est souvent recommandé, notamment pour ses fibres et ses produits laitiers fermentés qui apportent des probiotiques bénéfiques au microbiote.
Les probiotiques peuvent influencer la production et le fonctionnement des neurotransmetteurs. Des souches comme les lactobacilles et les bifidobactéries contribuent à la fabrication de l’acide gamma-aminobutyrique (GABA), un neurotransmetteur apaisant, et stimulent la production de sérotonine, impliquée dans l’humeur, le sommeil et l’appétit.
En 2019, une étude publiée dans le Journal of Affective Disorders a montré qu’après 28 jours de consommation quotidienne, les probiotiques réduisaient la panique et l’anxiété neurophysiologique, les émotions négatives et l’inquiétude, tout en améliorant la régulation de l’humeur. Les chercheurs ont ainsi souligné le potentiel thérapeutique des probiotiques dans le traitement de l’anxiété.
- Les lactobacilles et les bifidobactéries favorisent la production de GABA et de sérotonine, des messagers clés de l’humeur.
- Les aliments fermentés apportent des probiotiques et des composants bénéfiques pour la santé intestinale et mentale.
- Le microbiote pourrait constituer une cible nouvelle pour prévenir et traiter certains troubles anxieux associant le TOC.