L’hexane est un solvant dérivé du pétrole utilisé pour extraire l’huile des graines de soja, de tournesol et de colza. Des résidus peuvent se retrouver dans les aliments contenant ces huiles ou graines, selon des seuils fixés par la réglementation européenne. Une enquête récente met en lumière la présence d’hexane dans certains produits du quotidien, ce qui suscite des questionnements sur l’exposition des consommateurs et la transparence des chaînes d’approvisionnement.
Parmi 54 produits examinés, 25 contenaient des traces d’hexane
Des analyses réalisées par un centre de mesures et un laboratoire privé ont porté sur 54 produits achetés dans le nord de la France en 2024. Dans 25 cas, des traces d’hexane ont été détectées, notamment dans des huiles, des margarines, des beurres, des œufs et des morceaux de poulet. Les teneurs mesurées oscillaient entre 0,01 et 0,4 mg/kg, bien en dessous de la limite réglementaire fixée à 1 mg/kg pour l’hexane dans l’huile, établie il y a près de trois décennies. Une responsable du laboratoire rappelle que la valeur limite légale n’est pas nécessairement équivalente à la sensibilité analytique des mesures, soulignant que certaines molécules peuvent être repérées à des niveaux très bas.
- Huiles végétales
- Margarines
- Beurres
- Œufs
- Morceaux de poulet
Une exposition quotidienne et des enjeux pour les jeunes enfants
La présence d’hexane dans des aliments courants amène à considérer une exposition régulière et non occasionnelle, et pas uniquement via une vinaigrette ou un seul produit. Les toxicologues mettent en avant le caractère cumulatif de l’exposition, qui peut concerner divers aliments consommés au quotidien. Cette réalité est particulièrement préoccupante pour les nourrissons et les jeunes enfants, qui peuvent être plus sensibles à la toxicité potentielle de certains résidus.
Face à ces résultats, les autorités sanitaires indiquent que l’évaluation complète de l’exposition doit prendre en compte toutes les sources alimentaires et les différents groupes d’âge. Elles précisent que l’examen des résidus dans l’alimentation infantile doit être intégré dans une réévaluation globale de l’hexane, afin de déterminer les mesures adaptées pour protéger les consommateurs.
Johann Bonnet, fondateur d’une marque française garantissant l’absence d’hexane dans ses produits, indique: « Me dire que mon enfant consomme du pétrole, même si c’est résiduel, ça me dérange beaucoup ». Sa marque veille à ce que l’huile utilisée dans la poudre de lait et l’alimentation des vaches soit produite sans solvants pétrochimiques, sur place.
Prostitution de loi et transparence accrue
Depuis plusieurs années, l’hexane est reconnu comme neurotoxique et perturbateur endocrinien, et son usage est restreint dans certaines filières, notamment la production biologique. Une réévaluation complète de sa toxicité est engagée par les autorités européennes de sécurité sanitaire. Dans ce contexte, une proposition de loi vise à renforcer la transparence, notamment en prévoyant une étiquette indiquant la présence éventuelle d’hexane sur certains aliments.
