L’obésité peut avoir des origines multiples, rappelle l’Assurance maladie : dérèglement hormonal, apports caloriques trop importants, prise de certains médicaments, rythme de vie décalé, bouleversements du quotidien ou facteurs génétiques. Malgré ces différences, les conséquences sur la santé restent comparables, avec un risque accru de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2, d’apnée du sommeil ou encore de douleurs de dos.
Au-delà des complications médicales, l’obésité peut aussi s’accompagner de discriminations et d’une estime de soi fragilisée. Dans ce contexte, la perte de poids reste un objectif important pour réduire les risques. Une étude menée par des chercheurs américains et espagnols apporte un éclairage nouveau : chez les personnes présentant une prédisposition génétique à l’obésité, manger plus tôt dans la journée pourrait favoriser une perte de poids plus efficace.
Plus efficace en cas d’obésité d’origine génétique
Les travaux ont été publiés dans la revue Obesity le 20 juillet 2025. Les chercheurs ont étudié l’heure des repas de près de 1 200 personnes obèses ayant participé à un programme de perte de poids. Pour cela, ils ont calculé l’horaire moyen de chaque repas sur une semaine, puis déterminé le moment situé à mi-chemin entre le petit-déjeuner et le dernier repas, en incluant les collations prises après le dîner.
Le constat est net : plus ce moment se situait tard dans la journée, moins la perte de poids était efficace et plus l’IMC était élevé. Sur le long terme, les participants qui mangeaient plus tôt parvenaient aussi mieux à maintenir leur poids après le programme d’amincissement.
Ces effets étaient particulièrement marqués chez les personnes souffrant d’une obésité d’origine génétique. Les chercheurs écrivent : « Cette étude met en évidence le rôle potentiel du moment des repas dans la relation entre prédisposition génétique et IMC. Nos résultats montrent que l’association entre l’heure des repas et l’IMC varie selon le patrimoine génétique de l’individu ». En revanche, l’impact était moindre chez les participants ayant peu de gènes favorisant l’obésité.
Pour les auteurs, ces résultats ouvrent la voie à une prise en charge plus personnalisée de l’obésité. L’adaptation du rythme des repas pourrait devenir un levier particulièrement pertinent chez les personnes ayant des prédispositions génétiques.
Manger plus tard le soir augmente les risques métaboliques
Le lien entre repas tardif et troubles métaboliques a déjà été largement mis en évidence. Cette habitude est associée à un risque plus élevé de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et de prise de poids, comme l’ont montré plusieurs études publiées ces dernières années.
Une recherche parue dans Cell Metabolism le 4 octobre 2022, puis une autre publiée le 25 octobre 2024 dans Nutrition and Diabetes, allaient déjà dans ce sens. Dans le même esprit, le docteur Laurent Chevallier conseillait aux lectrices de Top Santé de dîner vers 19h ou 19h30 au plus tard.
Ce qu’il faut retenir sur l’heure des repas et la perte de poids
Cette étude renforce l’idée que le moment où l’on mange compte autant que ce que l’on mange, surtout chez les personnes concernées par une obésité génétique. Un dîner pris plus tôt dans la journée semble favoriser un meilleur contrôle du poids et une meilleure stabilité sur la durée.
Dans la prévention comme dans l’accompagnement de l’obésité, le rythme des repas pourrait donc devenir un paramètre important à surveiller, en particulier lorsque la prédisposition génétique joue un rôle.