Les recommandations de santé publique invitant à consommer cinq portions de fruits et légumes par jour ne doivent rien au hasard. Riches en fibres, en vitamines et en antioxydants, ces aliments jouent un rôle essentiel dans le bon fonctionnement de l’organisme. Une nouvelle étude suggère même qu’ils pourraient aider à limiter les effets nocifs de la pollution atmosphérique sur les poumons.
Des fruits pour mieux résister à la pollution de l’air
Présentés lors du congrès de la Société européenne de pneumologie, organisé du 27 septembre au 1er octobre 2025 à Amsterdam, aux Pays-Bas, ces travaux mettent en lumière un lien entre alimentation riche en végétaux et santé pulmonaire. Les chercheurs de l’Université de Leicester, au Royaume-Uni, ont analysé les habitudes alimentaires de près de 200 000 participants issus de la UK Biobank.
Ils ont comparé la consommation de fruits, de légumes et de céréales complètes avec l’exposition aux particules fines PM2,5, notamment celles issues de la pollution industrielle et des émissions automobiles. L’objectif était de comprendre si l’alimentation pouvait moduler l’impact de la pollution atmosphérique sur la fonction respiratoire.
Une baisse moins marquée de la capacité pulmonaire chez les femmes qui mangent plus de fruits
Les résultats sont parlants. Pour chaque augmentation de 5 µg/m³ de PM2,5, les femmes qui consommaient peu de fruits présentaient en moyenne une baisse de 78,1 ml du VEMS, c’est-à-dire du volume d’air expiré en une seconde. En revanche, celles qui mangeaient davantage de fruits ne montraient qu’une diminution moyenne de 57,5 ml.
Selon les chercheurs, cette différence pourrait s’expliquer par les composés antioxydants et anti-inflammatoires présents dans les fruits. Ces substances aideraient à réduire le stress oxydatif et l’inflammation déclenchés par les particules fines, limitant ainsi certains effets délétères de la pollution de l’air sur la santé pulmonaire.
« Une alimentation saine est associée à une meilleure fonction pulmonaire »
« Notre étude a confirmé qu’une alimentation saine est associée à une meilleure fonction pulmonaire chez les hommes comme chez les femmes, indépendamment de l’exposition à la pollution atmosphérique », déclare Pimpika Kaewsri, doctorante au Centre pour la santé environnementale et la durabilité de l’Université de Leicester, qui a dirigé l’étude.
Pour Sara De Matteis, présidente du groupe d’experts sur la santé au travail et l’environnement de la Société européenne de pneumologie, basée à l’Université de Turin, en Italie, il faut toutefois rester prudent. Elle rappelle que l’accès à une alimentation saine n’est pas réparti de manière égale dans la population et que, malgré les ajustements effectués selon le statut socio-économique, certains facteurs de confusion résiduels ne peuvent être exclus.
Promouvoir une alimentation riche en plantes dès l’école primaire
La spécialiste insiste sur la nécessité de transmettre très tôt les bons réflexes alimentaires. « Une alimentation saine et riche en plantes doit être promue auprès de la population dès l’école primaire, non seulement pour prévenir les maladies chroniques, mais aussi pour réduire l’empreinte carbone des régimes riches en viande », souligne-t-elle, citée par SciTechDaily.
Elle ajoute que cette stratégie ne dispense pas les gouvernements de poursuivre leurs politiques environnementales pour réduire la pollution atmosphérique au minimum. Il n’existe pas de niveau d’exposition sans danger, et la responsabilité ne peut pas reposer uniquement sur les individus, dont les choix alimentaires sont souvent limités par des contraintes économiques.
La pollution atmosphérique reste un risque majeur pour la santé
Selon l’Organisation mondiale de la Santé, la pollution atmosphérique serait responsable de plus de 7 millions de décès prématurés chaque année dans le monde. Ses effets sur le système respiratoire sont multiples : irritation des voies respiratoires, aggravation de l’asthme, bronchite chronique, baisse de la fonction pulmonaire et infections respiratoires.
La pollution ne se limite pas aux poumons. Elle a aussi un impact sur le système cardiovasculaire en augmentant les risques d’infarctus du myocarde, en perturbant le rythme cardiaque et en inflammant les vaisseaux sanguins. Les particules fines peuvent même pénétrer dans la circulation sanguine, tandis que leur rôle dans l’aggravation des risques de démence est également suspecté.
Comment limiter son exposition au quotidien
En complément d’une alimentation riche en végétaux, quelques gestes peuvent aider à réduire l’exposition à la pollution de l’air. Les jours où l’indice local de qualité de l’air est mauvais, il est conseillé de limiter les sorties autant que possible. Si vous devez absolument sortir, porter un masque peut offrir une protection supplémentaire.
Pour suivre la qualité de l’air en temps réel, des services comme IQAir affichent des données accessibles et visuelles pour de nombreuses villes dans le monde. L’outil est gratuit et permet de vérifier rapidement si l’air extérieur est particulièrement pollué avant de quitter son domicile.