Les enfants d’intérieur : un constat alarmant
En France, les enfants ne vont pas assez dehors, ne jouent pas assez à l’extérieur, et sont en train de devenir des enfants d’intérieur. Voici l’amer constat du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA) dans un nouveau rapport, rendu public ce 12 novembre 2024.
Des écrans envahissants
“L’usage généralisé et fréquent d’écrans (télévision, ordinateur, tablette, téléphone, console de jeux) dans la vie quotidienne favorise les pratiques sédentaires dans l’espace domestique et les endroits clos. La hausse du temps passé devant un écran pour les loisirs participe aussi à la modification du temps consacré au jeu en plein air”, déplore ainsi le HCFEA dans son rapport.
Tant et si bien que 37 % des enfants de 11 à 17 ans ont des “comportements sédentaires très élevés”, correspondant à 4h30 par jour de temps d’écran. Parmi les collégiens, les activités pratiquées hors du temps scolaire sont essentiellement des activités d’intérieur et sédentaires : 84 % font leurs devoirs le week-end, 83 % font du sport, 83 % écoutent de la musique, 78 % jouent aux jeux vidéo et 71 % regardent des films.
Impact du numérique sur les plus jeunes
Le repli sur le numérique est tel qu’il concerne toutes les tranches d’âge, puisque 1/4 des 3-10 ans, la moitié des 11-14 ans et 2/3 des 15-17 ans passent plus de 3h par jour devant les écrans.
Et même le trajet domicile-école, qui est en majorité inférieur à 2 km, est majoritairement effectué en véhicule motorisé (voiture, moto, bus), à 60 %. Selon les chiffres du HCFEA, seuls 37,6 % des enfants font le trajet à pied, et 2,4 % à vélo.
De l’importance de passer du temps dehors
Pourtant, comme le rappelle le HCFEA, “être dehors dans un espace ouvert, public, est à la fois éducatif, citoyen et émancipateur pour les enfants”. Lorsqu’il est adapté et protecteur, il favorise :
- une entrée dans la société et la culture (règles et codes sociaux, interactions intergénérationnelles, expériences…) ;
- un enjeu de santé physique et mentale (lutte contre la sédentarité et l’isolement social) ;
- un enjeu environnemental et de citoyenneté.
Aussi le Haut Conseil de la famille appelle à repenser l’espace public urbain pour qu’il soit plus favorable et adapté aux enfants, moins genré, moins territorial, moins dangereux, plus accessible. L’organisme, placé sous l’autorité du Gouvernement, a formulé un ensemble de propositions dans ce sens, “qui toutes visent à renforcer un principe central, celui de l’inclusivité du dehors”.
