Konstantinos Tasoulas a été élu nouveau président de la Grèce, marquant un tournant politique significatif. Le candidat du parti au pouvoir, Nea Dimokratia, a remporté l’élection le mercredi 12 février 2025, lors du quatrième tour de scrutin. À 65 ans, cet homme de loi a obtenu le soutien de 160 des 300 députés. Son investiture est prévue pour le 13 mars 2025.
Une élection marquée par des défis
Après sa victoire, Tasoulas a exprimé sa « grande honneur et grande responsabilité ». Il a déclaré vouloir renforcer la politique en cherchant des solutions largement acceptées, issues d’un véritable dialogue, non seulement au sein du Parlement, mais également dans la société. En tant que premier président grec à ne pas avoir été élu avec un large soutien parlementaire et populaire, il cherche à envoyer un message d’unité.
Soutiens et opposition
Tasoulas a reçu les voix des 156 députés de Nea Dimokratia, ainsi que celles de quatre députés indépendants : deux anciens membres de la même formation, un de la formation populiste Elliniki Lysi et un des « Spartiates », successeurs du parti d’extrême droite Aube dorée. En revanche, les autres candidats ont obtenu un soutien limité, principalement de leurs partis respectifs.
Tassos Giannitsis, le candidat du parti social-démocrate PASOK, a reçu 34 voix, tandis que Louka Katseli, représentant de la gauche SYRIZA, a obtenu 29 voix. Le candidat du parti orthodoxe Niki, Kostas Kyriakou, a quant à lui recueilli 14 voix. Au total, 39 députés se sont abstenus de voter et 24 étaient absents, refusant de donner leur légitimité à Tasoulas.
Contexte politique
La nomination de Tasoulas a suscité des controverses. Bien qu’il ait été élu président du Parlement à deux reprises avec une large majorité, son choix en tant que candidat président par le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a été perçu comme une rupture avec la tradition politique des 50 dernières années, qui favorisait des candidats consensuels.
Mitsotakis a préféré un candidat conservateur pour ne pas mécontenter les membres de sa propre formation, alors même qu’il souhaite se présenter comme un réformateur libéral. Dans un contexte où les partis à droite de Nea Dimokratia prennent de l’ampleur, cette décision vise à maintenir l’unité au sein de son parti.
Profil de Konstantinos Tasoulas
Konstantinos Tasoulas est né en 1959 à Ioannina, en Grèce occidentale. Il a étudié le droit à l’Université d’Athènes et s’est engagé en politique depuis 1981. Marié et père de deux enfants, il est proche du courant nationaliste au sein de Nea Dimokratia.
Sa carrière politique a commencé comme secrétaire privé d’Evangelos Averoff, ancien président du parti. Tasoulas a été élu au Parlement en 2000 et a occupé divers postes ministériels avant de devenir président du Parlement en 2019.
Critiques et controverses
Tasoulas n’a pas été exempt de controverses. En tant qu’ancien maire de Kifissia, il a été accusé de tentative d’extorsion, une allégation qu’il a rejetée comme étant politiquement motivée. De plus, son rôle durant l’enquête sur l’accident ferroviaire tragique de Tempi en février 2023 a été critiqué. Les opposants l’ont accusé d’avoir facilité la dissimulation de la responsabilité gouvernementale dans ce drame, qui a coûté la vie à 57 personnes, majoritairement des étudiants.
Maria Karistianou, présidente de l’association des victimes, a accusé Tasoulas d’avoir retenu des documents cruciaux concernant l’accident pendant six mois.

Konstantinos Tasoulas assumera ses fonctions presque deux ans jour pour jour après l’accident de Tempi, dans un climat où de nombreux Grecs estiment qu’ils n’obtiendront jamais de réponses sur cette catastrophe.
