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Des fouilles archéologiques récentes sous la basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem ont mis au jour des vestiges remarquables datant d’environ 2 000 ans, confirmant des descriptions évangéliques liées à la tombe de Jésus. Ces découvertes comprennent notamment des traces de cultures de vigne et d’olivier, témoignant de l’environnement agricole autour du lieu saint à l’époque du Christ.

Un jardin antique près de la tombe du Christ
Les fouilles menées sous la basilique du Saint-Sépulcre, non loin de la tombe et du Calvaire, sont dirigées par Francesca Romana Stasolla, professeure à l’Université La Sapienza de Rome. Son équipe a découvert une petite zone contenant des vestiges de cultures de vigne et d’olivier datant d’environ 2 000 ans. Ces trouvailles font écho aux récits des évangiles, notamment celui de Jean, qui décrit un jardin proche du lieu de la crucifixion et de l’ensevelissement de Jésus.
Selon ce texte biblique, le corps de Jésus fut enveloppé dans des linges avec des aromates, conformément aux coutumes juives, puis déposé dans un tombeau neuf situé dans un jardin près du Calvaire. Ce contexte historique se voit ainsi confirmé par les traces archéologiques mises au jour.
Le sanctuaire de l’Edicule et ses restaurations
Le lieu de la résurrection chrétienne se trouve sous l’Edicule, un petit temple reconstruit au XIXe siècle au centre de la rotonde de la basilique. Cette structure tire son nom du latin « aedicula », signifiant « maison petite ». En 2016, une restauration majeure conduite par Antonia Moropoulou de l’Université Polytechnique Nationale d’Athènes a permis, pour la première fois en cinq siècles, de soulever la dalle de marbre protégeant la tombe depuis au moins 1555.
L’archéologue Frederik Hiebert, associé à National Geographic, a ainsi pu accéder au lit de pierre où le corps du Christ aurait été déposé. Sous une couche de remplissage, une dalle fissurée portant une croix gravée a été découverte. Initialement attribuée à l’époque des Croisades, elle a été datée par la suite du IVe siècle, renforçant l’authenticité du site.

Histoire du monument et son contexte architectural
Depuis une restauration au XVIe siècle, l’accès à cet espace sacré était limité. À cette époque, des fresques représentant des anges et un fragment de bois furent découverts, mais disparurent rapidement au contact de l’air. Les analyses réalisées sur les matériaux de construction de la tombe en 2016 ont permis de dater le mortier intérieur au IVe siècle, ce qui coïncide avec la construction ordonnée par l’empereur Constantin.
Constantin fit édifier une grande basilique destinée à abriter la tombe de Jésus et le mont du Calvaire, lieu de sa crucifixion. Ce sanctuaire comportait une rotonde surmontée d’une vaste coupole similaire à celle du Panthéon de Rome. L’édifice connut de nombreuses destructions et reconstructions au fil des siècles, notamment lors de l’incendie provoqué en 1009 par le calife fatimide Al-Hakim.
Un monument à ciel ouvert avant la rotonde
L’équipe de La Sapienza travaille à reconstituer l’état du site à l’époque de Constantin. Les fouilles débutées en 2022 révèlent que le complexe existait déjà, mais qu’avant la construction de la rotonde, la zone autour de la tombe fut monumentalisée en plein air pendant quelques décennies seulement. Cette première installation aurait eu une forme circulaire, accessible par trois marches et entourée de douze colonnes.
En outre, les archéologues ont identifié un tronçon de voie romaine sous la basilique ainsi que des vestiges de l’église chrétienne primitive. Des traces de jardins cultivés remontant à l’époque de Jésus ont également été confirmées, corroborant les témoignages anciens.



Un site anciennement carrière et cimetière
Le Saint-Sépulcre, situé dans la vieille ville de Jérusalem, était autrefois une carrière et un cimetière préchrétien avec des tombes creusées dans le roc. Aux débuts du Ier siècle, ce secteur se trouvait hors des murs de la ville, mais fut intégré au début du IIe siècle lorsque l’empereur Hadrien reconstruisit Jérusalem et la renomma Aelia Capitolina.
Pour relier la carrière au réseau urbain, les zones les plus basses furent remblayées avec des débris. Sur le lieu aujourd’hui honoré comme la tombe du Christ, Hadrien fit ériger un temple dédié à la déesse Vénus, conformément à la coutume romaine d’ériger des sanctuaires sur des sites déjà sacrés.
Les recherches historiques de Florentino Díez
L’archéologue et prêtre augustin espagnol Florentino Díez, qui a excavé le Saint-Sépulcre dans les années 1970, a souligné dans son ouvrage « Le Calvaire et la grotte d’Adam » que la vénération d’un lieu perdurait malgré les changements religieux et politiques. Il rappelle que le choix d’ériger un temple romain sur le site s’explique par le caractère sacré déjà reconnu du lieu, préservé par la tradition chrétienne.

Avec le soutien de l’Institut Biblique Archéologique Espagnol de Jérusalem, il a travaillé sur deux secteurs du Saint-Sépulcre, liés aux communautés arménienne et orthodoxe grecque. Il a notamment étudié la carrière, datée entre la fin du Ier siècle et la construction d’Aelia Capitolina (vers 135-150 ap. J.-C.), ainsi qu’une grotte à l’est du Calvaire, peut-être une sépulture de l’âge du fer, dissimulée par le temple de Vénus.
La grotte d’Adam et la foi judéo-chrétienne
Cette grotte, mentionnée dans l’apocryphe « Combat d’Adam », aurait été un lieu de mémoire pour la communauté judéo-chrétienne primitive, qui associait la mort et la résurrection de Jésus à la purification du péché d’Adam par le sang du Christ tombé dans la fissure visible sur le site.
Appuyée par des preuves archéologiques et textuelles, cette hypothèse suggère l’existence d’un culte judéo-chrétien au Mont du Calvaire entre le milieu du Ier siècle et environ 135-150 ap. J.-C., constituant la plus ancienne manifestation de culte chrétien attestée dans cet espace.
Selon Francesca Romana Stasolla, ces recherches pionnières de Florentino Díez sont fondamentales et ont permis d’affiner la compréhension historique du complexe du Saint-Sépulcre. Elles ouvrent la voie à des découvertes futures sous la ville de Jérusalem, que les équipes comptent approfondir dans les années à venir.