La Jordanie a exigé que les autorités russes mettent fin au recrutement illégal de ses citoyens après la mort de deux Jordaniens engagés dans l’armée russe. Le ministère jordanien des Affaires étrangères a lancé cet avertissement en dénonçant aussi des « entités » extérieures qui agiraient en ligne pour recruter au nom de Moscou.
Réponse officielle d’Amman
Dans un communiqué publié sur X, le ministère a indiqué qu’il « prendra toutes les mesures disponibles » pour arrêter le recrutement de Jordaniens et a demandé à Moscou de résilier les contrats des citoyens actuellement engagés.
Le ministère a ajouté que ce recrutement constituait une violation du droit interne jordanien et du droit international, et qu’il « met en danger la vie de [ses] citoyens ». Le texte ne précise ni le lieu ni la date où les deux Jordaniens ont été tués.
Contexte et chiffres sur les combattants étrangers
Le phénomène du recrutement de combattants étrangers s’inscrit dans le cadre du conflit russo-ukrainien, où des milliers de mercenaires ont rejoint les rangs de Moscou. Des estimations citées par des responsables ukrainiens évoquent des chiffres élevés de recrutements internationaux.
- Selon le brigadier-général Dmytro Usov, la Russie aurait recruté au moins 18 000 combattants étrangers venus de 128 pays, et 3 388 d’entre eux seraient morts au combat.
- Des analyses indiquent que la Corée du Nord serait à l’origine d’un nombre important de soldats envoyés pour combattre en 2024, avec des estimations variant entre 14 000 et 15 000 selon certains observateurs internationaux.
- Au moins 1 400 Africains, originaires de plus de 30 pays, auraient également été recrutés, parfois par tromperie ou contrainte, d’après le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiha.
Allégations sur les conditions et les risques
Les autorités ukrainiennes et certains observateurs internationaux décrivent les contrats militaires russes pour les étrangers comme extrêmement dangereux. Andrii Sybiha a affirmé que signer un contrat avec l’armée russe revenait « à signer un arrêt de mort » pour les recrues étrangères.
Sybiha a ajouté que les soldats étrangers sont souvent envoyés en première ligne dans des assauts particulièrement meurtriers, qualifiant leur sort de « tragique » et indiquant que le commandement russe les traiterait comme du « matériel humain » de seconde zone, sans garantie de responsabilité en cas de pertes.
Implications juridiques et diplomatiques
La condamnation jordanienne met en lumière des enjeux juridico-diplomatiques : Amman affirme que le recrutement viole son droit interne et le droit international, et menace d’engager des actions pour protéger ses ressortissants.
Cette affaire pourrait entraîner des demandes concrètes de retrait de contrats et des démarches consulaires pour rapatrier ou défendre des citoyens engagés à l’étranger. Elle pose aussi la question de la responsabilité des États qui recrutent des combattants étrangers, en temps de conflit.
Ce que cela signifie pour les citoyens
Pour les ressortissants jordaniens, l’appel officiel vise à dissuader tout engagement futur et à alerter sur les risques encourus. Les autorités insistent sur la nécessité de respecter la législation nationale et de signaler toute tentative de recrutement illicite.
- Mesures possibles : renégociation ou annulation de contrats, actions consulaires et enquêtes sur les réseaux de recrutement.
- Risques signalés : envoi en premières lignes, décès au combat, absence de responsabilités de la part des recruteurs.
