Accueil ActualitéCorée du Sud: acquittement après deux ans pour un vol de 60 centimes

Corée du Sud: acquittement après deux ans pour un vol de 60 centimes

par charles
Corée du Sud

En Corée du Sud, un travailleur sous-traitant a été acquitté après près de deux années de procédure pour le vol d’une pâtisserie à la crème et d’un Choco Pie dans le réfrigérateur d’une entreprise. Le montant du méfait était de 1 050 wons, soit environ 62 centimes d’euro. L’affaire avait déclenché une forte controverse, les syndicats estimant que la situation reflétait les limites d’un cadre disciplinaire au travail et les pratiques de grignotage au bureau. Selon l’AFP, le tribunal de Jeonju a conclu que des travailleurs similaires avaient reçu l’autorisation de «grignoter au bureau», et que la cour d’appel a jugé qu’il était «difficile de conclure que le prévenu avait eu l’intention de voler».

Photo de presse sur l'affaire sud-coréenne
Tribunal de Jeonju et acquittement après près de deux ans

En Corée du Sud, acquittement après près de deux ans

Le verdict est survenu après qu’un premier jugement avait infligé une amende de 50 000 wons, soit près de 29,62 euros, avant que la défense ne fasse appel. Le parquet avait considéré l’infraction comme mineure et avait privilégié une procédure sommaire, mais l’homme avait exigé un procès en bonne et due forme et a finalement été acquitté par la cour d’appel de Jeonju, dans l’ouest du pays, selon l’AFP.

La cour d’appel a établi que des travailleurs comme le prévenu avaient reçu l’autorisation de «grignoter au bureau». Grâce au témoignage de 39 sous-traitants, qui ont avoué ouvrir eux aussi le réfrigérateur en cas d’appétit, la cour a jugé qu’il était «difficile de conclure que le prévenu avait eu l’intention de voler».

«Je suis très reconnaissant de cette issue et je crois que le prévenu partage ce sentiment», a déclaré son avocat à la presse, répétant que son client «avait juste eu faim tôt un matin». L’affaire a suscité un tollé en Corée du Sud et des syndicats ont comparé le malheureux à Jean Valjean, condamné au bagne pour avoir voulu nourrir sa famille en volant du pain dans le chef-d’œuvre de Victor Hugo, «Les Misérables» (1862).

Réactions et contexte social

Cette affaire a alimenté le débat public sur les enjeux de proportionnalité et de cadre disciplinaire au travail. Des observateurs ont rappelé que les règles internes des entreprises, les privilèges accordés pour des petites faims et les procédures judiciaires pour des délits minimes se côtoient souvent dans les pratiques quotidiennes. La comparaison avec le roman de Victor Hugo a été reprise pour illustrer un malaise plus vaste autour des personnes qui tentent simplement de nourrir leur famille ou leurs propres besoins, et non d’enrichir.

Des voix se sont toutefois fait entendre pour appeler à préciser les critères de poursuite et à éviter les interprétations trop répressives des actes mineurs. L’affaire met aussi en lumière les dilemmes autour des droits des travailleurs sous-traitants et des conditions de travail dans des chaînes logistiques, dont le cadre juridique est parfois flou lorsqu’il s’agit d’autorisations informelles de consommation de nourriture sur le lieu de travail.

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