À un peu plus de deux mois des municipales à Colombes, la configuration politique à gauche se clarifie. Après des négociations menées début janvier, les Insoumis ont rejoint la liste portée par le maire écologiste Patrick Chaimovitch. Cette liste réunit désormais les Écologistes, La France insoumise (LFI), Génération.s, les Motivés pour Colombes, la Gauche républicaine et socialiste et des citoyens. Le maire sortant affrontera notamment son ancien adjoint issu du Parti socialiste et d’autres forces de gauche. L’objectif est d’organiser une gauche plus unie autour d’un programme commun.
Jordan Robichon, responsable CGT chez GRDF Île-de-France, est le porte-voix de LFI sur Colombes et le chef de file du mouvement dans la ville. L’accord entre Patrick Chaimovitch et les Insoumis a été scellé la première semaine de janvier. Il affirme vouloir instaurer à Colombes une véritable gauche de rupture et souligne que l’arrivée de LFI dans la vie politique locale est une étape majeure. Jusqu’à présent, le mouvement mélenchoniste avait une présence modeste dans la commune.
Le Parti communiste poursuit encore les négociations sur le détail de la liste : combien d’écologistes, d’Insoumis, de Motivés et d’autres seront présents, qui gagnera une place éligible et quelles délégations pourraient être attribuées en cas de victoire. Le maire indique que tout sera dévoilé autour du 4 février et précise que les formations auront davantage de poids sur la liste qu’en 2020, lorsque des citoyens représentaient la moitié du bouquet. Reste l’inconnue concernant la place des communistes, bien implantés localement, dans le réservoir des candidats. Après un vote interne, le PC devrait rejoindre la liste du maire sortant, mais les conditions restent à négocier, notamment le programme, la présence sur la liste, les futures délégations et une éventuelle fusion des listes de gauche au second tour. Pour Patrick Chaimovitch, Colombes doit rester à gauche et résister à la poussée de la droite. Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir, les habitants ont besoin de politiques publiques qui répondent à leurs besoins, estime le maire. Jordan Robichon ajoute que l’objectif est de faire obstacle à la droite, même si ce n’est pas lui qui mène la liste, et que cette union vise à engager une gauche déterminée.
Le PS n’a pas été présent lors de la photo de l’union à gauche; Valentin Narbonnais, adjoint à la jeunesse, a décidé de se lancer dans la campagne avec une liste de rassemblement qui réunit le PRG, Génération Écologie, Place publique et le groupe Colombes notre force. Son nom de liste Colombes en mieux est perçu comme un clin d’œil au maire sortant et à l’alliance naissante.
Le jeune élu PS déclare qu’il assume son bilan et rappelle avoir été un adjoint loyal, mais il affirme que Patrick Chaimovitch pratique une politique politicienne et reproche à LFI son refus de coalition avec le PS. L’union, certes imparfaite, serait néanmoins le rassemblement le plus large possible selon lui.
Sur le terrain, un périmètre de quelques centaines de mètres concentre les QG de campagne et des militants de toutes les tendances. Entre les clans, les échanges restent cordiaux, et les discussions portent sur les contours de l’union à gauche. Pour l’instant, la gauche aligne deux têtes de liste; la droite et le centre, hors RN, restent divisés entre quatre candidatures.