Dans le secteur aéronautique, Boeing et Airbus rivalisent plus que jamais en 2025, avec Boeing affichant une avance notable sur le volume de commandes. Selon des données publiées mardi 13 janvier, Boeing a reçu 1 175 commandes brutes, soit 1 173 nettes après annulations et ajustements, tandis qu’Airbus a engrangé 1 000 commandes brutes (889 nettes). À fin décembre, le carnet de commandes de Boeing atteignait 6 130 avions commerciaux. Ces chiffres illustrent une dynamique où les commandes prennent le pas sur les livraisons et alimentent une rivalité historique entre les deux constructeurs.

Boeing dépasse Airbus en commandes en 2025
En 2025, Boeing a dépassé Airbus sur le volume des commandes: 1 175 commandes brutes (1 173 nettes) selon Boeing, contre 1 000 commandes brutes (889 nettes) pour Airbus. « Nos équipes ont effectué un travail fantastique tout au long de 2025 pour améliorer les livraisons, dans les temps, d’avions sûrs et de qualité », a commenté Stephanie Pope, présidente de la branche aviation commerciale (BCA) de Boeing. « C’est une bonne chose: cette concurrence est saine, elle va nous rendre encore plus agressifs », a-t-il ajouté.
La dynamique est toutefois nuancée par le contexte industriel. Boeing a poursuivi une période de convalescence après de gros problèmes de qualité, révélés par l’incident sur un 737 MAX 9 d’Alaska Airlines en janvier 2024, et a vu la FAA plafonner la production du monocouloir à 38 exemplaires par mois avant d’autoriser une montée à 42 en octobre 2025. À fin décembre, le carnet de commandes de Boeing atteignait 6 130 avions commerciaux.

Des livraisons qui restent en-deçà des chiffres de commandes
En dépit de la poussée des commandes chez Boeing, les livraisons restent inférieures à celles d’Airbus pour l’année. Sur l’ensemble de 2025, Boeing a livré 600 avions, contre 793 pour Airbus (+4 % par rapport à 2024). Cette différence souligne l’écart entre les volumes de commandes et les flux de livraisons, lié en partie à des problématiques de chaîne d’approvisionnement et à la reprise progressive du marché.
Airbus demeure toutefois largement déterminant sur les livraisons, et Christian Scherer, directeur général d’Airbus aviation commerciale, a souligné que Boeing avait bénéficié d’un soutien politique. « Il est indéniable que Boeing a bénéficié d’un appui politique. Ce que cela signifie pour nous, c’est que nous devons être plus convaincants que notre concurrent et son soutien politique, par la qualité de nos produits », a-t-il déclaré. En 2025, le secteur a aussi noté des jalons régionaux, dont la livraison de 65 avions à des compagnies aériennes chinoises.
Cette trajectoire met en lumière un duo qui continue d’alimenter les débats sur la compétitivité, la production et la régulation, alors que les marchés mondiaux attendent les prochains ajustements de cadence et les nouvelles commandes qui pourraient influencer les choix des transporteurs et des États.
Réactions et enjeux pour le secteur
Les chiffres de 2025 alimentent un débat sur les équilibres entre commandes et livraisons et sur les industries adossées à de lourdes chaînes d’approvisionnement. Les dirigeants des deux groupes insistent sur leur capacité à ajuster les cadences et à répondre à une demande mondiale qui demeure robuste. La compétitivité entre Boeing et Airbus se joue autant sur la gestion des coûts et des délais que sur la qualité et la sécurité des avions, des points qui continuent d’être scrutés de près par les autorités et les compagnies aériennes.
