Le bore est un oligo-élément peu présent dans l’organisme, classé comme élément ultra-trace. On le retrouve sous forme de minéraux tels que borax et kernite, dans le sol, les roches, l’eau et les plantes. Si le bore n’est pas officiellement reconnu comme essentiel à l’être humain, il pourrait néanmoins jouer plusieurs rôles importants dans l’organisme.
Définition : qu’est-ce que le bore ?
Le bore est un oligo-élément qui, bien qu’il ne soit pas officiellement reconnu comme essentiel à l’être humain, pourrait jouer plusieurs rôles dans l’organisme.
Oligo-éléments versus minéraux : quelle est la différence ?
Outre leur rôle biologique, la principale différence entre les oligo-éléments et les minéraux réside dans la quantité requise par l’organisme. Les minéraux sont des éléments inorganiques indispensables au bon fonctionnement du corps humain et interviennent dans de nombreuses fonctions, comme la construction des os, la transmission nerveuse, l’activité enzymatique et la fonction cardiaque.
- calcium
- magnésium
- phosphore
- potassium
- chlorure
- sodium
Les oligo-éléments, ou micro-nutriments, sont également essentiels mais disponibles en plus faible quantité (moins de 100 mg/jour). Parmi les plus connus : le fer, le zinc, le sélénium, l’iode, le cuivre, le manganèse et le fluor. Quant au bore, il est considéré comme un élément trace, voire ultra-trace, c’est-à-dire présent à très faible concentration dans l’organisme.
Dr Didier Chos, président de l’Institut européen de diététique et de micronutrition, précise ce point.
Propriétés : quels sont les bienfaits du bore ?
Le bore semble influencer la santé osseuse, l’équilibre hormonal et les fonctions cognitives. « Quelques travaux ont été menés, notamment chez l’animal, afin d’évaluer l’impact de la privation de bore sur l’organisme. Si ces travaux ont permis de mettre en évidence un certain nombre de fonctions, les corrélations biochimiques exactes restent largement méconnues », explique le Dr Didier Chos.
Santé osseuse
Le bore participerait au métabolisme du calcium, du magnésium, du phosphore et de la vitamine D, essentiels à la densité et à la minéralisation osseuse. Ces interactions laissent supposer qu’il pourrait jouer un rôle dans la réduction du risque d’ostéoporose. Une supplémentation de 3 mg/jour chez des femmes postménopausées a réduit l’élimination urinaire de calcium et de magnésium, tout en augmentant les taux d’œstradiol et de testostérone.
Articulations et arthrose
Des études épidémiologiques suggèrent que, dans les régions où l’apport en bore est inférieur à 1 mg/jour, 20 à 70 % de la population souffre d’arthrose, tandis que dans les zones où l’apport se situe entre 3 et 10 mg/jour, la prévalence chute entre 0 et 10 %. « Il existe malheureusement très peu d’études cliniques à ce jour, ou bien celles-ci sont réalisées sur des effectifs trop restreints », regrette le spécialiste. Par exemple, 20 patients souffrant d’arthrose ont reçu pendant 8 semaines 6 mg de bore ou un placebo. À l’issue de l’étude, 50 % des sujets du groupe bore présentaient une réduction des symptômes contre seulement 10 % dans le groupe témoin.
Fonctions cognitives
Certains travaux montrent que le bore pourrait améliorer l’attention, la mémoire et la coordination motrice. « Des essais chez l’animal et des études chez l’être humain ont montré qu’une privation diététique de bore avait un effet négatif sur le fonctionnement du cerveau », indique la Burgerstein Foundation. « Les capacités d’attention, de mémorisation à long terme et d’apprentissage étaient significativement réduites. »
Équilibre hormonal
Le bore augmenterait les niveaux d’œstradiol chez les femmes ménopausées, ainsi que la testostérone libre chez les hommes. Enfin, cet oligo-élément à l’état d’ultra-trace améliorerait également les niveaux de calcitriol, la forme active de la vitamine D.
« Le bore semble avoir une action intéressante sur la santé osseuse et les articulations, en particulier par le biais de la régulation hormonale et de vitamine D », résume le Dr Didier Chos. « Il aurait également des effets sur la protection cellulaire, en tant qu’antioxydant, ainsi que sur les fonctions cognitives (attention et mémoire). Enfin, il pourrait contribuer à une meilleure cicatrisation des plaies profondes et pourrait avoir un effet protecteur contre le cancer de la prostate chez l’homme. »
Utilisation : combien de bore faut-il consommer par jour ?
Le bore n’étant pas considéré comme un élément essentiel, il n’existe pas à l’heure actuelle de recommandation officielle sur les apports journaliers. Des apports optimaux ont toutefois été estimés, à partir de données épidémiologiques et cliniques, à 1 à 3 mg/jour chez les adultes en bonne santé, et 3 mg/jour chez les femmes ménopausées, notamment en prévention de l’ostéoporose.
« L’apport quotidien sûr, à long terme, est estimé par les autorités européennes à environ 10 mg; l’agence américaine fixe la valeur maximale à 20 mg par jour », précise le spécialiste. À fortes doses, entre 25 et 70 mg de bore par kilogramme de poids corporel, des symptômes de surdosage peuvent apparaître, tels que perte d’appétit, troubles gastro-intestinaux, fatigue et irritabilité.
Où trouve-t-on le bore dans l’alimentation ? Quelles sont les sources les plus riches ?
On trouve principalement du bore dans les fruits secs (amandes, noisettes, noix, pruneaux, raisins secs), dans l’avocat, dans les fruits frais (pommes, poires) et dans certains légumes verts (brocolis, épinards, choux de Bruxelles).
Compléments alimentaires : comment prendre du bore ?
Le bore peut être inclus dans certains compléments alimentaires, notamment ceux ciblant la santé osseuse, articulaire ou hormonale. En 2004, l’Afssa estimait toutefois que l’incorporation de bore dans les compléments n’apportait pas d’intérêt nutritionnel. « En micronutrition, je n’ai jamais entendu parler, en trente ans d’expérience, d’un quelconque intérêt du bore », confirme le Dr Chos. « D’ailleurs, il n’existe aucune démonstration de déficience ou de carence en bore au sein de la population ».
