Les tensions liées au Groenland et aux menaces de surtaxes douanières brandies par Donald Trump se déploient sur le front diplomatique européen. L’Union européenne appelle au dialogue et affirme être prête à réagir si les mesures deviennent réalité, tandis que Nuuk réaffirme sa souveraineté et que Copenhague explore des mécanismes de sécurité renforcés dans l’Arctique. Le G7 et le Forum de Davos accompagnent ces échanges et les décisions prises pourraient influencer les équilibres entre États et alliances. Le contexte demeure incertain et les parties privilégient la prudence et la coordination internationale.
Groenland et souveraineté : Nielsen réaffirme la position face aux surtaxes
Le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen a réaffirmé que les menaces de droits de douane évoquées par Washington ne changent rien à cette ligne. Il rappelle que Nuuk défend le droit du Groenland à l’autodétermination et à une souveraineté qui ne peut être mise sous pression.
Dans un message publié sur Facebook, Nielsen affirme:
« non pas comme une ingérence, mais comme une reconnaissance claire du fait que le Groenland est une société démocratique, avec le droit de prendre seul ses propres décisions »
et
« les récentes déclarations des États-Unis, y compris les menaces de droits de douane, ne changent rien à cette ligne. Nous ne nous laisserons pas mettre sous pression »
.
Par ailleurs, l’Union européenne prône le « dialogue » et affirme disposer d’outils, prête à réagir si les menaces se concrétisent, alors que les dirigeants européens préparent un sommet à Bruxelles pour discuter de ces tensions et de leurs répercussions économiques et sécuritaires.

Réactions européennes et instruments possibles
Sur le plan européen, l’Union promeut le dialogue et se dit prête à réagir si les mesures douanières devaient entrer en vigueur. Le président français Emmanuel Macron a qualifié les menaces de Trump de « chantages », et il évoque l’activation possible de l’instrument anticoercition de l’UE pour protéger les intérêts européens.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a insisté sur la nécessité de « respecter sans équivoque » la souveraineté du Groenland et du Danemark, et l’UE a précisé qu’elle resterait prête à coopérer avec les États‑Unis, l’OTAN et d’autres alliés pour préserver la sécurité européenne tout en préservant ses outils de riposte.
Au Davos et dans les échanges diplomatiques, le chancelier allemand Friedrich Merz a indiqué qu’il « allait essayer de rencontrer le président Trump mercredi », tandis que le forum politique continue d’examiner les implications pour l’Europe et l’Arctique. Le sommet des finances du G7 est également évoqué dans le cadre de ces discussions.

OTAN et sécurité: une réponse technique et diplomatique
Danemark et Groenland ont proposé la création d’une mission de surveillance de l’OTAN autour du Groenland. Le ministre danois de la Défense Troels Lund Poulsen a déclaré:
« Nous l’avons proposée, le secrétaire général en a également pris note, et je pense que nous pouvons maintenant, espérons-le, obtenir un cadre définissant comment cela peut se concrétiser »
.
Sur Truth Social, Donald Trump a affirmé que l’Alliance atlantique « exhorte depuis 20 ans le Danemark à écarter la menace russe du Groenland » et a ajouté que « le moment est venu d’agir et cela sera fait ».
Le Danemark souligne que des mesures ont déjà été prises pour accroître sa présence militaire dans l’Arctique et l’Atlantique Nord, en collaboration avec plusieurs alliés de l’OTAN. Le dossier demeure en évolution et les dirigeants européens prévoient un nouveau point d’étape lors du prochain sommet.
