Un incendie criminel dans le collège Champollion, à Dijon (Côte-d’Or), a conduit à l’interpellation de cinq personnes, dont quatre mineurs, et à leur placement en garde à vue ce mardi matin. Les autorités évoquent une piste de représailles liées au trafic de stupéfiants dans le quartier des Grésilles. Le procureur Olivier Caracotch a décrit l’enquête comme un travail d’équipe, soulignant que l’exploitation de vidéosurveillance et des traces d’ADN avait permis d’identifier les suspects. L’incident, survenu dans la nuit du 12 au 13 décembre dernier, a provoqué d’importants dégâts au bâtiment et le collège ne devrait pas rouvrir avant la rentrée de septembre 2026.
À Dijon, cinq suspects interpellés après l’incendie du collège Champollion
Selon le parquet, cinq personnes ont été interpellées ce mardi matin dans la métropole dijonnaise et placées en garde à vue. Quatre mineurs âgés de 15 à 17 ans figurent parmi les suspects; deux d’entre eux sont déjà « mis en cause dans des procédures judiciaires en cours pour trafic de stupéfiants », précise le parquet, tandis que la cinquième personne est une femme de 27 ans sans antécédents judiciaires. Le procureur souligne que « le profil des personnes mises en cause », le « mode opératoire » et « le fait qu’aucun des mineurs interpellés ne soit scolarisé au collège Champollion » tendent à corroborer l’hypothèse selon laquelle « cet incendie aurait été commandité en représailles » à l’action des autorités publiques. Les gardes à vue peuvent durer jusqu’à quatre jours, rappelle le parquet.

Le parquet a ouvert une information judiciaire pour « destruction de bien par incendie commise en bande organisée » et « association de malfaiteurs dans le but de commettre un crime », des faits passibles de 20 ans de réclusion et de 150 000 euros d’amende. L’enquête s’appuie sur l’exploitation de vidéosurveillance et sur des relevés d’ADN, et les suspects ont été interpellés dans la métropole dijonnaise. Le bâtiment endommagé est soumis à des travaux importants qui doivent permettre un retour à la normale pour la rentrée 2026, selon le conseil départemental.

Contexte et piste liée au trafic de stupéfiants et réactions publiques
La piste privilégiée par l’enquête lie l’incendie au trafic de stupéfiants qui sévit dans le quartier des Grésilles. Plusieurs éléments évoquent ce lien, notamment le profil des mineurs et le mode opératoire. Le parquet rappelle que « Sans être la seule explorée, c’est la piste privilégiée au vu du mode opératoire » et du fait que « l’incendie aurait été commandité en représailles ». Dans ce contexte, d’autres incendies dans le quartier, comme ceux de la médiathèque en février et mars, ainsi que d’un centre de formation en février, avaient été signalés auparavant. Deux jours après l’incendie, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait assuré que l’État ne se laisserait pas « intimider » et ne « lâcherait rien » dans sa « guerre » contre le narcotrafic lors d’un déplacement sur place. Début janvier, les élèves du collège ont pu effectuer leur rentrée soit dans les bâtiments intacts, soit dans des classes du lycée voisin, selon le ministère.
