Une étude menée par Parlons Climat met en évidence une montée du climatoscepticisme en France, liée à l’âge et à la polarisation politique. Elle montre que les opinions diffèrent fortement selon les générations et l’affiliation partisane, et que l’adhésion à des mesures climatiques reste élevée lorsque les citoyens estiment l’effort partagé comme équitable. Le document distingue même des formes de climatoscepticisme, des « mous » aux « durs », et souligne l’influence des réseaux et de la défiance institutionnelle.

En France, montée du climatoscepticisme chez les 18–24 ans
Selon Parlons Climat, les jeunes de 18 à 24 ans présentent la part la plus élevée de scepticisme quant à l’origine humaine du réchauffement, avec 30 % considérant le phénomène comme naturel et 5 % remettant en question l’existence même du changement climatique. À la différence des 15–17 ans, qui affichent une plus forte conviction que le réchauffement est dû aux activités humaines, les 18–24 ans montrent une tendance plus marquée à douter. Toutefois, les diplômés et les personnes ayant poursuivi des études supérieures restent plus susceptibles de croire en l’existence du changement climatique et à son lien avec l’activité humaine, selon l’enquête.
La polarisation idéologique autour de l’écologie est un autre vecteur du climatoscepticisme en France: le phénomène est renforcé par des positions, des valeurs et des préférences politiques qui influencent la perception des risques et des réponses possibles à la transition climatique.
En France, polarisation idéologique autour de l’écologie
La polarisation est marquée: 79 % de ceux qui se classent « très à gauche » sont convaincus du caractère anthropique du changement climatique, contre 49 % parmi ceux qui se classent « à droite ». Les personnes qui ont beaucoup de sympathie pour les mouvements écologistes ne représentent que 7 % à considérer que c’est un phénomène naturel alors qu’ils sont 50 % chez ceux qui n’en ont pas du tout. De même, 91 % des répondants « très à gauche » estiment que les risques sont correctement évalués par les scientifiques, contre 57 % des « très à droite ».
Selon l’étude de Parlons Climat, la communauté des « climato-dénialistes », très présente sur Twitter (avant qu’il ne devienne X), se structurait sur le réseau social avec l’objectif de semer le doute sur la réalité du changement climatique et de freiner l’action climatique. Ses travaux révèlent également une forte défiance institutionnelle et la posture complotiste généralisée de ces utilisateurs.
Par ailleurs, l’étude révèle que les Français se déclarent prêts à modifier leurs modes de vie, à condition que les efforts soient équitablement répartis entre les différents membres de la société. L’enquête montre une adhésion forte pour des mesures politiques, notamment fiscales et réglementaires: par exemple, la taxation du transport aérien pour favoriser le train : 70 % de Français y sont favorables, soit 6 points de plus par rapport à 2023, et 23 points de plus en 10 ans ; ou encore l’augmentation des prix des produits à fort impact environnemental : 60 % y sont favorables, soit 7 points de plus qu’en 2023. Enfin, 7 Français sur 10 estiment que la priorité économique du gouvernement devrait être de soutenir exclusivement les activités qui préservent l’environnement, plutôt que de soutenir tous les secteurs de l’économie au risque de conséquences négatives sur l’environnement.
Nos concitoyens attendent désormais plus d’actions de la part des pouvoirs publics et des entreprises pour une transition juste, et ils veulent que ces efforts soient répartis de manière plus équitable entre les différentes couches de la société.
