Raphaël Boukandoura, journaliste français, a été arrêté lundi soir à Istanbul lors d une manifestation prokurde et placé au centre de rétention d Arnavutköy. Résidant et travaillant légalement en Turquie depuis plus de dix ans, il a été transféré dans la matinée au centre de rétention et ses avocats craignaient une expulsion. Le Quai d Orsay a déclaré suivre la situation de près et RSF a dénoncé les menaces visant à intimider les reporters et à les dissuader de couvrir les manifestations prokurdes.
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À Istanbul, arrestation et contexte
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En Istanbul, Boukandoura était sur place pour couvrir une action du DEM, troisième force au parlement prokurde, lorsque la police l a arrêté. Selon les autorités, il aurait scandé des slogans; lui affirme être présent en qualité de journaliste et nie tout acte illégal. RSF rappelle que l arrestation et la menace d expulsion visaient à intimider les reporters et à les dissuader de couvrir les manifestations prokurdes. Boukandoura est titulaire d une carte de presse turque et contribue régulièrement à Courrier International, Libération, Ouest-France et Mediapart.
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Libération et réactions
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Ce mercredi, Boukandoura a été libéré et a déclaré « Je viens de sortir », puis « Je suis très content d être dehors ». Le Quai d Orsay avait indiqué suivre « la situation de près » et RSF a rappelé ses messages sur la protection des journalistes.
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Contexte plus large sur la liberté de la presse
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RSF place la Turquie à la 159e place sur 180 de son classement de la liberté de la presse, entre le Pakistan et le Venezuela. Le cas de Boukandoura illustre les difficultés rencontrées par les reporters étrangers dans le pays. Nacho Sanchez Amor, député européen et rapporteur sur la Turquie, a déclaré que le journalisme indépendant est vraiment un métier à risque en Turquie, pour les locaux comme pour les étrangers, écrit sur X.
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En mars 2025, un photographe de l AFP, Yasin Akgül, avait été arrêté pour participation à une manifestation interdite et relaxé quelques mois plus tard. Deux journalistes français arrêtés en 2017, Loup Bureau et Mathias Depardon, avaient tous deux été expulsés vers la France.
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Bilan et suites
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À ce stade, les autorités turques n ont pas publié de détails additionnels sur les causes ou les suites juridiques précises; toutefois, la situation de Boukandoura rappelle le climat dans lequel évolue la presse en Turquie et a alimenté les échanges entre Paris et Ankara. Le récit des avocats et des organisations de défense de la presse converge sur une même préoccupation: protéger le travail des journalistes et éviter toute intimidation.
