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Amnesty : expansion coloniale israélienne en Cisjordanie viole droit

par Sara
Israël, Palestine

Amnesty International alerte sur une accélération de la colonisation israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem‑Est, dénonçant une série de décisions prises depuis décembre qui visent, selon l’ONG, à concrétiser l’annexion de facto des territoires occupés. Ces mesures comprennent de nouveaux appels d’offres, des autorisations de construction et des changements administratifs qui modifient durablement le contrôle des terres.

Des mesures d’ampleur depuis décembre

Depuis décembre, les autorités israéliennes ont multiplié les démarches pour étendre les implantations. Parmi celles‑ci figure un appel d’offres lancé pour la construction de 3 401 logements dans la zone dite « E1 », à l’est de Jérusalem, destiné à relier et agrandir la colonie de Ma’ale Adumim.

Amnesty met en garde : la réalisation de ce projet créerait une coupure géographique en Cisjordanie et risquerait de provoquer le déplacement de communautés palestiniennes vivant dans la zone.

Parallèlement, des approbations de nouvelles implantations et l’extension de sites existants ont été annoncées, accompagnées d’initiatives administratives pour requalifier des terres en « terres de l’État ».

Chiffres et implantation sur le terrain

Le gouvernement a validé en décembre des plans pour la création de 19 nouvelles colonies, portant à 68 le nombre d’implantations approuvées au cours des trois dernières années. Au total, on compte environ 210 colonies officiellement reconnues et près de 750 000 colons vivant en Cisjordanie, y compris à Jérusalem‑Est.

Des groupes israéliens de surveillance ont signalé la prolifération d’avant‑postes : au cours de l’année 2025, près de 86 nouveaux points de peuplement non officiels ont été recensés, majoritairement à vocation agricole ou pastorale.

Violence des colons et conséquences pour les Palestiniens

Les organisations de défense des droits humains documentent une hausse des violences liées aux colons. Des expulsions totales ou partielles de plus de vingt communautés palestiniennes ont été attribuées à des agressions de colons au cours de la même période.

Un enregistrement diffusé récemment montre des assaillants masqués armés de bâtons agressant des militants dans un village du nord de la Cisjordanie ; deux personnes ont été transférées vers un établissement hospitalier après l’attaque. Des ONG qualifient ces incidents de formes de « violence d’État » et d’« terreur » qui s’inscriraient, selon elles, dans une stratégie plus large d’accaparement des terres.

Changements administratifs et transfert de compétences

Sur le plan légal et administratif, plusieurs décisions récentes modifient le cadre de gestion des terres. Début janvier, près de 694 dunams ont été désignés « terres d’État » dans des localités palestiniennes du nord de la Cisjordanie.

En février, le cabinet sécuritaire a validé la suppression de certaines restrictions légales liées à l’achat de terres et a élargi les prérogatives des autorités israéliennes dans les domaines de la planification, de la construction, des sites archéologiques et de l’eau.

Le 15 février, le gouvernement a alloué plus de 244 millions de shekels pour créer un mécanisme transférant les pouvoirs d’enregistrement des terres de la « zone C » de l’Administration civile vers le ministère de la Justice, une mesure perçue comme préparant un changement durable du régime juridique applicable.

Réactions d’Amnesty et portée juridique

Amnesty International dénonce une politique qui « consolide l’annexion » et affirme que l’expansion des colonies se poursuit malgré les résolutions internationales et l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice. Pour l’ONG, ces pratiques renforcent un système ségrégatif qui nuit gravement aux droits des Palestiniens.

Selon Erika Guevara‑Rosas, responsable à Amnesty, l’extension des colonies s’effectue de manière flagrante et en défi du droit international, aggravant les conditions de vie et les restrictions imposées aux populations locales.

Un contexte de tensions croissantes

Ces décisions interviennent dans un climat de montée des tensions et d’intensification des affrontements. Les observateurs redoutent qu’une succession de mesures administratives et d’expansions territoriales ne rende toute solution politique future encore plus difficile à atteindre.

Les organisations de défense des droits humains appellent à une réaction internationale face à ce qu’elles décrivent comme une accélération de la colonisation israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem‑Est, ainsi qu’à une réponse pour protéger les populations civiles victimes de violences.

source:https://www.aljazeera.net/news/2026/2/28/%d8%a7%d9%84%d8%b9%d9%81%d9%88-%d8%a7%d9%84%d8%af%d9%88%d9%84%d9%8a%d8%a9-%d8%aa%d9%88%d8%b3%d8%b9-%d8%a7%d9%84%d8%a7%d8%b3%d8%aa%d9%8a%d8%b7%d8%a7%d9%86

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