Avec l’intérêt accru des consommateurs pour des produits respectueux de l’environnement, les crèmes solaires prétendues sans danger pour les écosystèmes marins fleurissent dans nos rayons. Hélas, derrière les allégations rassurantes se cache parfois une réalité moins reluisante. Dans un point d’actualité publié le 21 juillet 2023, l’Anses fait le point sur les risques pour les fonds marins liés aux filtres UV contenus dans les protections solaires.
Des perturbateurs endocriniens avérés ou suspectés
Rappelant la difficulté de l’évaluation des risques des filtres UV sur les fonds marins faute de données disponibles sur les concentrations de ces substances dans les eaux des territoires français ultramarins, l’Anses cite toutefois plusieurs filtres UV à risque. Il s’agit :
- du salicylate de 2-éthylhexyle
- de l’enzacamène
- de l’octocrylène
- de la benzophénone-3
- et de l’octinoxate
Dans ce groupe, l’enzacamène est reconnu comme un perturbateur endocrinien, tant pour la santé humaine que pour l’écosystème marin. Les autres substances sont suspectées de l’être et font l’objet d’évaluations pour l’affirmer avec certitude. L’Anses précise également que la France constitue actuellement un dossier de restriction pour les usages cosmétiques au sujet de l’octocrylène, auprès de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA).
Parmi les filtres UV classés comme n’ayant pas de risque identifié (à ce jour) pour les écosystèmes marins, citons l’oxyde de zinc, le benzophénone-8, le benzophénone-2 et le benzophénone-3, ainsi que l’avobenzone (aussi noté Butyl methoxydibenzoylmethane).
« Si on veut donner une chance aux récifs coralliens de faire face aux effets du changement climatique, qui seront de plus en plus intenses dans les années à venir, il est essentiel de préserver la qualité de l’eau et d’intensifier la lutte contre les pollutions à toutes les échelles », rappelle l’Anses en conclusion. Au‑delà des petits gestes individuels, l’Agence appelle à une application plus stricte des réglementations liées aux substances chimiques, à un meilleur contrôle des rejets vers les océans et à l’amélioration de l’assainissement des eaux usées.
Perspectives et recommandations publiques
Face à ces constats, l’Anses invite à renforcer les mesures de protection des eaux et à resserrer les contrôles concernant l’utilisation des filtres UV dans les produits cosmétiques. L’objectif est de limiter les impacts sur les fonds marins et de préserver la biodiversité des récifs coralliens, tout en tenant compte des défis liés au changement climatique.