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Des organisations de défense des droits et des analystes ont vivement dénoncé la menace « no quarter » proférée par le secrétaire à la Défense américain, Pete Hegseth, accusant Washington de violer le droit international au moment où les forces américaines et israéliennes poursuivent leurs frappes contre l’Iran. La formule — « No quarter, no mercy for our enemies » — a relancé les inquiétudes quant au respect des règles de la guerre et à la protection des civils.
Une menace interdite par le droit international
Plusieurs textes internationaux, dont les conventions issues du droit de La Haye, interdisent la proclamation qu’aucune pitié ne sera accordée à l’ennemi. De même, des lois nationales et des manuels militaires américaines rappellent que de telles menaces peuvent constituer des infractions pénales.
Pour certains experts, les propos de M. Hegseth semblent contraires à ces normes. Brian Finucane, conseiller principal d’un institut de recherche sur les crises, a jugé ces déclarations « très frappantes » et s’est interrogé sur leur traduction possible sur le terrain, en termes de conduite des opérations militaires.
Rhetorique et implications sur le terrain
Hegseth a par ailleurs rejeté publiquement les préoccupations juridiques, affirmant qu’il ne respecterait pas des « règles d’engagement stupides » ni des « guerres politiquement correctes ». Ce type de langage a alimenté la crainte que des impératifs de « létalité maximale » l’emportent sur les mesures destinées à limiter les dommages aux civils.
Des observateurs soulignent que l’« annonce » même d’un refus d’accorder la capitulation peut, en soi, relever d’un crime de guerre. L’histoire judiciaire du XXe siècle, notamment les procès de Nuremberg, a établi l’interdiction de refuser la quarter aux combattants qui déposent les armes.
Attaques contestées et bilan humain
La rhétorique de Hegseth intervient après une frappe américaine contre une école de filles dans le sud de l’Iran qui a fait plus de 170 morts, principalement des enfants. Le conflit a fait, au total, au moins 1 444 morts côté iranien et entraîné des déplacements massifs de population.
Par ailleurs, la marine iranienne a dénoncé la destruction du bâtiment IRIS Dena au large du Sri Lanka, un naufrage ayant causé au moins 84 morts. Des interrogations ont été soulevées sur le caractère armé du navire et sur l’absence présumée d’efforts de sauvetage par certaines forces présentes.
Critiques et mise en garde des ONG
Des organisations de défense des droits, ainsi que des spécialistes de la prévention des atrocités, ont qualifié les propos de Hegseth d’alarment. Sarah Yager, directrice à Washington d’une ONG majeure, a déclaré être choquée par un langage qui, selon elle, façonne l’environnement de commandement et peut affaiblir le respect des protections juridiques.
Des sénateurs américains ont également réagi. L’un d’eux a qualifié le secrétaire à la Défense de « dangereux amateur » et a pointé la tragédie de l’école de filles comme exemple des conséquences possibles d’un abaissement des règles d’engagement.
Rythme et intensité des opérations
Des observateurs indépendants notent que l’intensité des frappes américaines et israéliennes dépasse, en rythme, celle d’opérations récentes. Selon ces analyses, une valeur très élevée de munitions a été déployée dès les premiers jours du conflit, et le nombre de cibles touchées dans les premières heures a parfois surpassé des campagnes militaires antérieures.
Face à ces constats, les experts rappellent que la primauté du respect du droit international humanitaire reste un outil essentiel pour limiter les souffrances et prévenir les violations. Ils insistent sur la nécessité de règles d’engagement claires et conformes aux obligations juridiques internationales.