IMC: une mesure imparfaite et une approche enrichie pour évaluer l’obésité
On le sait, l’indice de masse corporelle (IMC) est un outil de référence, mais il demeure largement imparfait. L’IMC ne distingue pas la masse grasse de la masse musculaire et donne peu d’indications sur la répartition des graisses ou la santé métabolique. Cette limitation est particulièrement criante chez certains sportifs de haut niveau, qui affichent un IMC élevé sans être en mauvaise santé, ce qui montre que l’IMC ne capture pas toute la complexité du corps humain. Face à ces limites, des chercheurs proposent d’enrichir la définition de l’obésité afin de mieux refléter les risques pour la santé.
Dans une nouvelle étude, les scientifiques suggèrent d’évoluer vers une définition de l’obésité qui ne se base plus uniquement sur l’IMC, mais qui intègre aussi d’autres critères: le fait de souffrir de diabète, d’hypertension artérielle ou d’hypercholestérolémie. Cette approche vise à mieux cibler les personnes dont l’obésité est associée à des problèmes de santé concrets et à orienter les prises en charge.
Une définition enrichie pour mieux cibler les personnes à risque
Dans l’étude, les chercheurs ont analysé les données de 56 pays pour comparer la prévalence de l’obésité selon les critères d’IMC traditionnels avec celle qui résulterait d’une définition combinant IMC et au moins une comorbidité (diabète, hypertension, hypercholestérolémie). L’objectif était d’évaluer si cette approche améliore l’identification des personnes à risque pour leur santé et les besoins de prise en charge.
Les résultats montrent qu’en appliquant les nouveaux critères, la prévalence de l’obésité a diminué chez les 142 250 adultes interrogés, avec des baisses parfois supérieures à 50 % dans certains pays. Les chiffres varient selon le pays et le sexe; le Malawi a enregistré l’une des baisses les plus importantes, mais l’effet n’est pas homogène entre les sexes et d’autres contextes géographiques restent variables.
Implications et précautions à connaître
Cette définition enrichie peut aider à mieux cibler les personnes dont l’obésité nécessite une prise en charge rapide en raison des risques pour leur santé. En revanche, elle peut aussi générer un faux sentiment de sécurité chez les personnes classées obèses selon l’IMC mais sans comorbidités, selon la nouvelle définition. Il est crucial de ne pas négliger les soins préventifs et d’encourager une alimentation saine et une activité physique adaptée, quelles que soient les catégories utilisées pour évaluer le risque individuel.
Les chercheurs ne souhaitent pas supprimer l’IMC, mais le réorienter. Ils préconisent d’utiliser l’IMC comme mesure à l’échelle de la population et d’appuyer l’évaluation du risque individuel sur la masse grasse directement mesurée, ou, à défaut, sur le tour de taille ou le rapport taille-hanche, tout en tenant compte de l’âge, du sexe et de l’origine ethnique.
Comment appliquer ces pistes en pratique
- Utiliser l’IMC comme indicateur démographique et compléter l’évaluation par le tour de taille pour estimer le risque abdominal.
- Privilégier la mesure directe de la masse grasse lorsque c’est possible, et recourir au rapport taille-hanche comme indicateur supplémentaire.
- Adapter l’évaluation selon l’âge, le sexe et l’origine ethnique afin d’éviter les biais dans le diagnostic et la prise en charge.
Points clés
- L’IMC seul n’offre pas une image complète du risque lié à l’obésité.
- Une définition combinant IMC et comorbidités (diabète, hypertension, hypercholestérolémie) pourrait améliorer l’identification des personnes à risque.
- La nouvelle approche a entraîné une baisse mesurable de la prévalence dans plusieurs contextes, avec des variations selon les pays et les sexes.
- Pour l’évaluation individuelle, privilégier des mesures directes de la masse grasse ou des indicateurs comme le tour de taille ou le rapport taille-hanche, ajustés à l’âge, au sexe et à l’origine ethnique.
