Le détroit d’Ormuz est redevenu l’un des points de crispation majeurs de la guerre Iran-Israël, alors que Donald Trump et Xi Jinping ont évoqué ce corridor stratégique lors de leurs échanges à Pékin. Selon la Maison Blanche, le président chinois a estimé que cette voie maritime devait « rester ouverte » afin de garantir la libre circulation de l’énergie, dans un contexte de forte volatilité des marchés mondiaux.
Au même moment, l’Iran a intensifié sa riposte diplomatique en appelant les pays des BRICS à condamner les États-Unis et Israël pour leur campagne militaire contre Téhéran. Depuis New Delhi, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a dénoncé une violation du droit international et affirmé que son pays « ne céderait jamais à aucune pression ».
Sur un autre front, des négociations directes se poursuivent à Washington entre représentants libanais et israéliens, avec l’objectif de mettre fin aux hostilités. Mais sur le terrain, les frappes israéliennes continuent de toucher des localités du sud du Liban, compliquant davantage toute avancée diplomatique.
Ormuz au centre des échanges entre Trump et Xi
La discussion entre Donald Trump et Xi Jinping a porté sur la sécurité du détroit d’Ormuz, passage crucial pour le commerce pétrolier mondial. Washington affirme que Pékin a souscrit à l’idée qu’aucune entrave ne devait compromettre le trafic maritime dans cette zone sensible.
Selon la présidence américaine, Xi Jinping aurait également assuré que la Chine ne fournirait pas d’équipement militaire susceptible d’aider l’Iran dans sa guerre contre les États-Unis et Israël. Ce signal intervient alors que les tensions autour du conflit iranien continuent d’alimenter les inquiétudes sur l’approvisionnement énergétique international.
Des analystes estiment toutefois que ce sommet s’est déroulé dans un climat de méfiance persistante entre les deux puissances. Après plusieurs années de promesses non tenues et d’accusations croisées, les deux capitales cherchent surtout à éviter une nouvelle dégradation de leurs relations.
L’Iran mobilise les BRICS contre Washington et Tel-Aviv
À New Delhi, Abbas Araghchi a exhorté les membres des BRICS à prendre position contre la guerre menée selon lui par les États-Unis et Israël. Le ministre iranien a présenté son pays comme une victime de « l’expansionnisme illégal » et de l’« esprit de guerre », appelant les États du bloc à résister à l’hégémonie occidentale.
Il a aussi accusé les Émirats arabes unis d’avoir joué un rôle actif dans le conflit. En marge du sommet, il a soutenu qu’Abou Dhabi était « directement impliqué dans l’agression » contre l’Iran, une déclaration susceptible d’alimenter encore davantage les tensions régionales.
Dans le même temps, les médias iraniens ont rapporté que plus de 30 navires, dont certains liés à des entreprises chinoises, avaient été autorisés à traverser le détroit d’Ormuz pendant la nuit. Téhéran a laissé entendre que la voie maritime restait ouverte aux navires commerciaux coopérant avec ses forces navales, signe d’un ajustement tactique dans sa gestion du passage stratégique.
Washington, Israël, Liban : des négociations sous pression
À Washington, les discussions entre négociateurs israéliens et libanais se poursuivent autour d’un cessez-le-feu en voie d’expiration. Un responsable américain a qualifié ces échanges de « positifs », tout en confirmant qu’une deuxième journée de pourparlers devait se tenir comme prévu.
Mais les marges de compromis restent limitées. Israël réclame des garanties de sécurité renforcées et le désarmement du Hezbollah, tandis que le Liban insiste sur un cessez-le-feu durable et un retrait israélien du sud du pays.
Selon plusieurs observateurs, le refus du Hezbollah de s’engager sur un accord futur ajoute une forte dose d’incertitude. Malgré cela, des diplomates voient dans ces contacts une percée, même fragile, après des mois d’escalade militaire.
Trump minimise l’enjeu de l’uranium iranien
Aux États-Unis, Donald Trump a laissé entendre que la traque de l’uranium enrichi iranien relevait davantage de la communication politique que d’un objectif strictement opérationnel. Interrogé par Fox News, il a dit se sentir « mieux » s’il récupérait cette matière, tout en estimant que l’enjeu tenait surtout à l’image.
Dans le même entretien, le président américain a également affiché son impatience face à l’enlisement des discussions avec Téhéran. Selon lui, l’Iran devrait accepter un accord, faute de quoi la situation pourrait continuer à se durcir.
« Je vais perdre patience », a-t-il averti, en répétant qu’« une personne saine d’esprit » finirait par conclure un compromis. Ces propos traduisent l’échec persistant des efforts diplomatiques pour obtenir une trêve durable.
Israël sous le feu des critiques sur plusieurs dossiers
En Israël, le gouvernement a annoncé son intention d’attaquer en justice un grand quotidien américain après la publication d’un article portant sur des accusations de viols visant des détenus palestiniens. Le bureau du Premier ministre a confirmé cette décision quelques jours après la parution du reportage.
Sur le terrain libanais, le Hezbollah affirme de son côté avoir visé des forces israéliennes au moyen de roquettes, de drones et de tirs d’artillerie dans le sud du Liban. Le mouvement dit également avoir abattu plusieurs drones israéliens, alors que les affrontements se poursuivent malgré les discussions diplomatiques.
Plus au sud, Amnesty International appelle Israël à ouvrir une enquête sur des raids et des bombardements menés dans le sud de la Syrie. L’organisation affirme que ces opérations ont détruit des maisons et des terres agricoles, tout en entraînant des arrestations, tandis qu’Israël a aussi pris de nouveaux territoires au-delà du Golan occupé, en contradiction avec l’accord de désengagement de 1974.
Dans ce contexte, la guerre Iran-Israël continue de se répercuter bien au-delà du Moyen-Orient, entre tensions maritimes à Ormuz, pressions diplomatiques au sein des BRICS et efforts de médiation fragiles au Liban. Chaque nouveau développement confirme que le conflit, désormais multiforme, pèse à la fois sur la sécurité régionale et sur l’équilibre énergétique mondial.
