Le sommet entre Donald Trump et Xi Jinping a débuté jeudi à Pékin dans une atmosphère très codifiée, mais sur fond de désaccords majeurs. Derrière les formules de courtoisie échangées au Grand Palais du peuple, la question de Taïwan, la guerre avec l’Iran, le commerce et la rivalité technologique se sont immédiatement imposés comme les vrais dossiers du face-à-face entre Washington et Pékin.
Selon l’Associated Press, la rencontre bilatérale a duré environ deux heures. Donald Trump a multiplié les propos amicaux envers son homologue chinois, tandis que Xi Jinping a adopté un ton plus prudent. D’après la lecture diffusée par les médias d’Etat chinois et relayée par plusieurs agences, le président chinois a averti qu’une mauvaise gestion du dossier taïwanais pourrait conduire à des « frictions » voire à des « conflits » entre les deux puissances.
Taïwan reste le point le plus sensible
Le sujet de Taïwan s’est imposé dès l’ouverture du sommet. Pékin considère l’île comme une partie de son territoire et s’oppose fermement aux ventes d’armes américaines à Taipei. Reuters rappelait la veille que l’administration Trump avait approuvé un paquet d’armement de 11 milliards de dollars pour Taïwan, pendant qu’un second dossier restait évoqué dans les milieux diplomatiques. Dans ce contexte, la mise en garde chinoise n’a rien d’anecdotique : elle signale que le dossier sécuritaire demeure la ligne rouge la plus dangereuse de la relation bilatérale.
Pour les marchés comme pour les alliés des deux pays, ce passage est scruté de près. Un sommet sans avancée spectaculaire n’est pas forcément une surprise, mais un durcissement du ton sur Taïwan pèserait immédiatement sur l’équilibre stratégique en Asie et sur les chaînes industrielles mondiales, notamment dans les semi-conducteurs.
Iran, commerce et matières premières au cœur des calculs
L’autre grand dossier est la guerre avec l’Iran. AP et France 24 soulignent que Washington espère une implication plus active de Pékin, notamment parce que la Chine reste un acteur central du commerce énergétique régional. Le secrétaire d’Etat Marco Rubio a fait valoir que la crise pèse sur l’économie mondiale et, par ricochet, sur la demande adressée aux exportateurs chinois. Donald Trump, lui, a publiquement minimisé ce besoin d’aide, tout en laissant entendre que le sujet serait bien discuté.
Sur le volet économique, la Maison Blanche cherche aussi des signaux favorables sur le commerce, l’accès au marché chinois et la poursuite de la trêve tarifaire. Xi Jinping a assuré que les portes de la Chine resteraient ouvertes aux entreprises étrangères, un message adressé autant aux multinationales américaines présentes à Pékin qu’aux investisseurs qui redoutent une nouvelle phase de confrontation commerciale.
Un sommet très symbolique, aux résultats encore incertains
A ce stade, les deux camps semblent surtout vouloir éviter une nouvelle dégradation brutale. Les sources consultées convergent sur un point : peu d’observateurs s’attendent à une percée majeure en deux jours. Mais dans le climat actuel, maintenir le dialogue sur les tarifs, l’Iran, l’intelligence artificielle et les exportations stratégiques serait déjà un signal suivi de près par les capitales occidentales, les industriels et les marchés.
Pour la France et l’Europe, l’enjeu dépasse largement la seule relation sino-américaine. Toute crispation sur Taïwan, sur l’énergie ou sur les barrières commerciales aurait des conséquences rapides sur les approvisionnements, les prix et le climat diplomatique mondial.
